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Tuesday, January 16, 2007

Les premiers jours

Ah, Bruuuuuxelles...

Bien plus que la capitale de l'Europe, Bruxelles est la capitale du brol. Ce mot très étrange, on le connaît dès la première journée : emblème du tout, du n'importe quoi, il représente la conjugaison de trucs, choses, patentes et autres machins qui occupent notre quotidien, nos pensées, notre appartement, le fond de nos poches, etc. Bruxelles est difficile à décrire en peu de mots, en expressions pures; l'explication rendra mon image plus fidèle aux faits.

Bruxelles, c'est les collines de Sarajevo qui ont rapetissé au séchage et qui se sont rapprochées l'une de l'autre pour se protéger du froid et de la pluie; Bruxelles, c'est les avenues de Montmartre, enfants; Bruxelles, c'est un peu de la classe et de la beauté Autrichienne des grands palais; Bruxelles, c'est les oubliés du meilleur de la cuisine de France et d'Italie; Bruxelles, c'est le cœur de Montréal avec les grands bras de l'Afrique; Bruxelles, c'est les voiles d'Istanbul flottant en face de bannières écrites en flamand; Bruxelles, c'est sourire quand on se croit dans un bordel unique, car c'est ça le brol. On ne cerne pas Bruxelles si vite, on la sent, on la voit et l'analyse et de tous ces croisements que le monde aurait pu créer, ce melting pot en sort splendide dans sa simplicité. Certains vous dirons que tout était mieux avant l'Euro, avant l'Union Européenne… c'est vrai que la vie, l'énergie, la dynamique de la ville, se sont orientées vers le monde bureaucratique assez drastiquement au cours des 5 dernières années; de grosse capitale de campagne, Bruxelles est devenue porte-parole d'un continent en mutation. Les expatriés, les Bruxellois en voient dans leur soupe, derrières chaque buisson. La ville fourmille de Québécois alors qu'il n'en paraît rien, jusqu'à ce que j'en trouve un qui arbore notre fleur de lys (il faut savoir que la fleur de lys se trouve sur blason de Bruxelles… allo l'originalité).

Ici, on est au cœur des routes humaines, des routes d'idées européennes; la merveille avec cette proximité des nations, d'être à la fourche des langues et idéologies, c'est qu'on est libre de choisir entre « couque » (les chocolatines des belges) et pain marocain à la pâtisserie du coin. C'est aussi voir une petite boutique de produits importés de Pologne recevoir sa livraison… d'un camion plaqué Pologne. J'ai les yeux bien écartillés de tout voir tout entendre en même temps. Ici, pas de loi 101 pour masquer la réelle saveur des quartiers. Il est vrai que Bruxelles n'est pas tout à fait Belge, mais c'est ça le brol. Un gros mélange d'eux, de nous.


J'ai su que je n'étais plus à Montréal quand... :

1. j'ai vu Tintin au coin d'une rue, après avoir fait le tour (interminable) d'un rond-point;
2. j'ai cherché en vain les stops au coin des rues;
3. j'ai entendu du Renaud à la radio dans une boutique;
4. je me suis rappelé que la décennie passée c'était les années nonante et pas quatre-vingt-dix;
5. j'ai commencé à répondre à mon mobile avec l'accent européen;
6. j'ai réalisé que le décilitre était une vraie mesure réellement utilisée;
7. j'ai goûté à une vrai gaufre belge, encore bien brûlante (mais pas tout à fait Liégeoise : ce sera encore une nouvelles première, plus authentique encore lorsque j'irai à Liège!);
8. j'ai entendu du Linda Lemay à la radio;
9. j'ai aperçu les splendides Galléries St-Hubert, première allée marchande couverte d'Europe (splendide essai architectural, à faire vomir de honte les concepteurs de la montréalaise Plaza St-Hubert);
10. je suis rentrée du bar et que mes cheveux empestaient la cigarette;
11. je n'ai pas eu à tipper le barman à ce dit bar;
12. j'ai lu que le prince Laurent avait détourné 2,2 millions de la marine Belge pour meubler sa villa (le 11 e sur la liste de succession, il obtient seulement 300 000 euros - net d'impôts!- par an, quand même c'est beaucoup moins que ce qu'obtiennent ces frères et sœurs, faut le comprendre le pauvre…)
13. je n'ai pu voir la clarté du jour ni avant 8h30 ni après 17h.
14. j'ai pu commencer à ignorer les taxes, elles sont cachées!


Et tout ça n'est que le début! Je ne suis en ville depuis 5 jours seulement et j'ai l'impression d'y être toujours été un peu. Je suis amoureuse, je m'y vois encore dans 5 ans : le sentiment que je ressens est complètement délirant… Et ce n'est que par pur bonheur de m'y trouver et d'être surprise, à chaque jour par un nouveau détail qui tombe du ciel (encore plus si ce ciel il est bleu). Disons que les deux journées de temps splendide que nous avons eu depuis dimanhe ont beaucoup aidé. J'organise mon regard à travers mon nouvel objectif : mon 28-70mm bien sûr, mais surtout le moment présent, bien présent. Sans travail n'y horaire, ni contrainte ni peur : j'ai trouvé ma chambre et tout avance rondement maintenant. Je serai emménagé au 34 rue Alphonse (ou est-ce plutôt Adolphe?) de Fiers, à Schaerbeek (je vous expliquerai un autre jour!) dans un mois. Entre temps, je profite pleinement des cadeaux que me fait la vie, à commencer par ces merveilleux moments passés avec Élisa et sa choupette Laurine, dans mon premier appart Belge (je vous les presente bientot; Couchsurfing change des vies, c'est clair!). Avec ça, je deviens assez vite citoyenne belge (du moins c'est le leurre que me laisse croire mon esprit).


J'espère que vous réussissez à trouver autant de satisfaction dans votre petit quotidien; il est tout aussi merveilleux!!!

Gros becs!

* Marianne *

Saturday, January 13, 2007

Au royaume de la pluie!

Bonjour bonjour!!!

Me voilà officiellement arrivée au royaume de la pluie: la Belgique!!!! La traversée de l'Europe du nord dans l'avion au-dessus d'un ciel complètement gris, dense et mouillé ne suffisait pas : il fallait y goûter, bien sûr…

La route fut assez difficile. Marianne ayant un budget restreint, le billet d'Avion qui me menait de ce côté de l'Atlantique m'envoyait dans le ciel par trois fois, à rebonds à gauche à droite avant d'arriver au centre. Le premier vol sur Chicago : merde, je ne veux pas me lancer dans une critique de la politique américaine sans fondement, mais je vous garanti à titre de témoin que leur obsession de la sécurité dans les aéroport est complètement débile. À commencer par Montréal, ou les States ont une bonne emprise (j'imagine que c'est la même chose dans tous les aéroports du monde, pour les vols en direction de leur terre). Dépassé le contrôle de douane, avant même d'avoir déposé ses bagages, il y a une foule de policier pour contrôler la meute de voyageurs. On sent l'oppression, la nécessité de respirer à souffle retenu. Et les douaniers arrogants… Mais pourquoi sont-ils basés à Montréal? Ce doit être que notre pays est plus sécuritaire! Bref, c'était du vrai délire : j'étais encore chez moi et j'avais l'impression d'être en zone terroriste extrême; surtout quand il faut enlever ses chaussures pour passer le contrôle.

Et avis à tous, l'aéroport de Chicago étant situé tout juste à côté du lac Érié, les aéroport sont toujours chaotiques et on croirait à la fin du monde. Mais il n'en est rien, la seule fin du monde étant d'observer les lumières de nuit d'une banale métropole Américaine couvrir de quadrillé la plaine autrefois fertile. Et comme si ce n'était pas assez, l'aéroport en tant que tel s'est transformé en expérience : il faut comprendre que les Américains, dans leur impertinence, n'ont pas jugé bon de convenablement de diviser l'aéroport en sections voyageurs et accompagnateurs. La foule totale forme un amas d'impatience jusqu'à la vulgaire banderole qui indique le début de la ligne pour passer les contrôles de bagages à main, qui sont bien sûr à aire ouverte… Le résultat, des agents qui crient à qui mieux l'entendre « take off your shoes » alors que d'autres hurlent la larme à l'œil « call me! » et « see you soon ». Ajoutez à cela des messages épeurants passés à l'intercom pour mettre en garde du danger de laisser ses bagages sans surveillance. Ouf! Restez donc au Canada!



De Chicago à Copenhague, j'ai pu dormir la moitié du vol (théoriquement 8h15, mais en fait 7h car on avait le vent dans le dos : oui oui!) , battant ainsi mon record personnel. Devinez mon extase lorsqu'on a eu droit à un éclairci du ciel, au lever du soleil, tout au-dessus de la pointe nord de l'Écosse. L'aéroport de Copenhague sentait le saumon, le caviar et les pierres précieuses. Avec ses planchers tout en bois et ses murs beige-crème, on aurait dit un immense salon tout droit sorti d'un conte ikea. Un bon avant goût du pays, que j'aurai la chance de découvrir quelques jours à mon retour en août.

Alors enfin, le séjour européen duquel j'ai rêvé depuis des années. Il faut savoir que je me sens une terrible attirance pour ce continent, je ne le répèterai jamais assez avec mes mots, ni avec mes actions d'ailleurs. Je me sens ici comme à la maison en fait. ayant essayé à tous prix de ne pas m'imaginer la ville avant d'y toucher, j'ai maintenant les yeux remplis de surprise(s) à chaque coin de rue, à chaque inspiration. Bruxelles est une ville plutôt nordique, et l'architecture ici est vraiment superbe, différent de tout ce que j'avais vu plus au sud auparavant. Vous connaissez mon savoir assez rudimentaire des styles architecturaux, alors disons plutôt que la majorité des bâtiments est construit de petites briques de tous les tons de bruns assez foncé, avec des motifs aux fenêtres et des fioritures aux sommets, comme de la dentelle (oui, brune!hihihi…). Les avenues sont grandes, mais pas trop, créant un entre-deux entre le Vieux-Montréal et Moscou. Ici il y a tram et bus, et la propreté règne. On sent l'équilibre mental des gens, et la pluie ne décourage personne. Il fait aussi chaud ici que durant mes derniers jours au Québec; c'est inhabituel aussi imaginez-vous.

Et plus que tout, les gens sont accueillants et me recoivent les bras grands ouverts. On parle souvent de l'hospitalité des Québécois, mais mes amis je vous annonce que nous avons de la concurrence. En fait, je dois me rendre à l'évidence que nous nous sommes assis sur nos lauriers dans ce domaine et somment ceux qui pourraient peut-être rivaliser d'accueil avec les Belges, mais qui n'y parviennent pas tout à fait. C'est inspirant : les gens m'accostent sans raison dans la rue pour me parler de la pluie et du beau temps, dans le café pour savoir ce que je mijote à mon portable, pour me conseiller sur leur ville. Tout simplement et naturelle. C'est charmant, franchement!

Tout autour ici dans ce café branché de fin de soirée, ça sent la boucane alors que mes oreilles se baignent dans le flot de français et flamand qui placarde les journaux et magasins de la ville entière. Bruxelles est un exemple sans pareil de bilinguisme. Les deux langues officielles y sont respectées, balancées et portées fièrement aussi. Il faut voir tous ces mots écris en double pour le plaisir du touriste et la maman du bruxellois. « Ja » et « oui », tous les raisons sont bonnes pour se laisser tenter par cette langue germanique pas possible. L'allemand aide, mais le reste n'est que non-sens. J'aurai bien la chance d'en reparler au cours des prochains mois.

Bien sur il pleut a tout instant de la journé, le ciel est gris la majorité du temps et ces jours-ci on est en pleine tempête de vent perpétuelle: les parapluies ne servent donc rien qu'à faire des accrobaties. Pour l'instant, je ne m'étendrai pas plus sur cet interminable sujet que sera la vie en Belgique. Le décalage horaire me bercera tôt pour quelques jours de plus et demain, encore la recherche de logement qui m'attend.

J'espère que vous n'avez pas trop froid. Gros becs!

* Marianne *