Showing posts with label marianne charland. Show all posts
Showing posts with label marianne charland. Show all posts

Tuesday, January 30, 2007

Ciel gris, mais ces lumières vénitiennes...

La Grand Place est majestueuse, fière, calme et triste tout à la fois. Ici les gens se croisent, bras dessus bras dessous, bras croisés, bras dans le dos... la marche y est lente pour les curieux, ceux qui sont rejoints par l'extase provoqué par la vue de ce doré qui scintille au travers du doré des ornementures. Certains filent plutôt à vive à l'ullure: la Grand Place se fait aussi raccourci.

Les allures sont gothiques, mais les Belges parlent doucement au-dessus des bières trop chères dans les café voisins. Pas de pluie, pas de beau temps dans les conversations, mais plutôt de l'humour, de l'ironie. Du "ça pourrait etre bien pire" tout à fait belge. (S'il pleut, mettons un chapeau!) Et malgré la biologque adaptée des Bruxellois, ils ne sont quand meme pas fait en chocolat; entre Leonidas et les Belges, il y a la digestion....
Avec ce ciel à averses qui me garde des coups de soleil hivernaux, j'ai découvert une nouvelle période de la journée à admirer: la brunante. À trouver de préférence près de monuments historiques ou merveilles architecturales mises en valeurs par ces villes fières, qui permettent à mon objectif d'y saisir suffisament de lumière pour mes propres cartes postales. Mon oeil se plaît à analyser ces quelques 30 minutes ou le ciel et la terre s'harmonisent pour le bonheur des ébahis par surprises. La journée ne se termine jamais tristement lorsqu'on laisse s'agrandir nos yeux; il suffit de croire aux lueurs d'ici-bàs.

Monday, January 22, 2007

L'air du temps


C’est une petite chanson composée pour l’un l’autre. La mélodie entendue d’abord à des centaines de kilomètre l’uns de l’autre pour l’inspiration, puis ce fut en vrai que les chose se mirent à bouger. Lentement, on ne livre pas si efficacement quand on veut rattraper les histoires des années qui nous ont séparés chacun sur notre grosse île de chaque côté de l’Atlantique. On ne peut tirer les mots si facilement d’un esprit fatigué et éprouvé de l’émotion des retrouvailles… alors L’air du temps va mûrir, immanquablement. En attendant, vous pouvez l’entendre (avec accent et rimes tirées par les cheveux, hihi ;) au :

www.myspace.com/mattetmarianne

J’espère que vous réussirez à percevoir la magnificence de ces moments en studio au sommet du ciel, avec vue sur les gratte-ciels illuminés de Londres… Il n’y a rien de trop splendide pour les âmes sensibles. Bonne écoute!

Tuesday, January 16, 2007

Les premiers jours

Ah, Bruuuuuxelles...

Bien plus que la capitale de l'Europe, Bruxelles est la capitale du brol. Ce mot très étrange, on le connaît dès la première journée : emblème du tout, du n'importe quoi, il représente la conjugaison de trucs, choses, patentes et autres machins qui occupent notre quotidien, nos pensées, notre appartement, le fond de nos poches, etc. Bruxelles est difficile à décrire en peu de mots, en expressions pures; l'explication rendra mon image plus fidèle aux faits.

Bruxelles, c'est les collines de Sarajevo qui ont rapetissé au séchage et qui se sont rapprochées l'une de l'autre pour se protéger du froid et de la pluie; Bruxelles, c'est les avenues de Montmartre, enfants; Bruxelles, c'est un peu de la classe et de la beauté Autrichienne des grands palais; Bruxelles, c'est les oubliés du meilleur de la cuisine de France et d'Italie; Bruxelles, c'est le cœur de Montréal avec les grands bras de l'Afrique; Bruxelles, c'est les voiles d'Istanbul flottant en face de bannières écrites en flamand; Bruxelles, c'est sourire quand on se croit dans un bordel unique, car c'est ça le brol. On ne cerne pas Bruxelles si vite, on la sent, on la voit et l'analyse et de tous ces croisements que le monde aurait pu créer, ce melting pot en sort splendide dans sa simplicité. Certains vous dirons que tout était mieux avant l'Euro, avant l'Union Européenne… c'est vrai que la vie, l'énergie, la dynamique de la ville, se sont orientées vers le monde bureaucratique assez drastiquement au cours des 5 dernières années; de grosse capitale de campagne, Bruxelles est devenue porte-parole d'un continent en mutation. Les expatriés, les Bruxellois en voient dans leur soupe, derrières chaque buisson. La ville fourmille de Québécois alors qu'il n'en paraît rien, jusqu'à ce que j'en trouve un qui arbore notre fleur de lys (il faut savoir que la fleur de lys se trouve sur blason de Bruxelles… allo l'originalité).

Ici, on est au cœur des routes humaines, des routes d'idées européennes; la merveille avec cette proximité des nations, d'être à la fourche des langues et idéologies, c'est qu'on est libre de choisir entre « couque » (les chocolatines des belges) et pain marocain à la pâtisserie du coin. C'est aussi voir une petite boutique de produits importés de Pologne recevoir sa livraison… d'un camion plaqué Pologne. J'ai les yeux bien écartillés de tout voir tout entendre en même temps. Ici, pas de loi 101 pour masquer la réelle saveur des quartiers. Il est vrai que Bruxelles n'est pas tout à fait Belge, mais c'est ça le brol. Un gros mélange d'eux, de nous.


J'ai su que je n'étais plus à Montréal quand... :

1. j'ai vu Tintin au coin d'une rue, après avoir fait le tour (interminable) d'un rond-point;
2. j'ai cherché en vain les stops au coin des rues;
3. j'ai entendu du Renaud à la radio dans une boutique;
4. je me suis rappelé que la décennie passée c'était les années nonante et pas quatre-vingt-dix;
5. j'ai commencé à répondre à mon mobile avec l'accent européen;
6. j'ai réalisé que le décilitre était une vraie mesure réellement utilisée;
7. j'ai goûté à une vrai gaufre belge, encore bien brûlante (mais pas tout à fait Liégeoise : ce sera encore une nouvelles première, plus authentique encore lorsque j'irai à Liège!);
8. j'ai entendu du Linda Lemay à la radio;
9. j'ai aperçu les splendides Galléries St-Hubert, première allée marchande couverte d'Europe (splendide essai architectural, à faire vomir de honte les concepteurs de la montréalaise Plaza St-Hubert);
10. je suis rentrée du bar et que mes cheveux empestaient la cigarette;
11. je n'ai pas eu à tipper le barman à ce dit bar;
12. j'ai lu que le prince Laurent avait détourné 2,2 millions de la marine Belge pour meubler sa villa (le 11 e sur la liste de succession, il obtient seulement 300 000 euros - net d'impôts!- par an, quand même c'est beaucoup moins que ce qu'obtiennent ces frères et sœurs, faut le comprendre le pauvre…)
13. je n'ai pu voir la clarté du jour ni avant 8h30 ni après 17h.
14. j'ai pu commencer à ignorer les taxes, elles sont cachées!


Et tout ça n'est que le début! Je ne suis en ville depuis 5 jours seulement et j'ai l'impression d'y être toujours été un peu. Je suis amoureuse, je m'y vois encore dans 5 ans : le sentiment que je ressens est complètement délirant… Et ce n'est que par pur bonheur de m'y trouver et d'être surprise, à chaque jour par un nouveau détail qui tombe du ciel (encore plus si ce ciel il est bleu). Disons que les deux journées de temps splendide que nous avons eu depuis dimanhe ont beaucoup aidé. J'organise mon regard à travers mon nouvel objectif : mon 28-70mm bien sûr, mais surtout le moment présent, bien présent. Sans travail n'y horaire, ni contrainte ni peur : j'ai trouvé ma chambre et tout avance rondement maintenant. Je serai emménagé au 34 rue Alphonse (ou est-ce plutôt Adolphe?) de Fiers, à Schaerbeek (je vous expliquerai un autre jour!) dans un mois. Entre temps, je profite pleinement des cadeaux que me fait la vie, à commencer par ces merveilleux moments passés avec Élisa et sa choupette Laurine, dans mon premier appart Belge (je vous les presente bientot; Couchsurfing change des vies, c'est clair!). Avec ça, je deviens assez vite citoyenne belge (du moins c'est le leurre que me laisse croire mon esprit).


J'espère que vous réussissez à trouver autant de satisfaction dans votre petit quotidien; il est tout aussi merveilleux!!!

Gros becs!

* Marianne *