Tuesday, August 14, 2007

Smokes, Whores and Bikes

Vous demandez sûrement comment j’ai fait pour attendre jusqu'à la toute fin de mon séjour pour monter jusqu’à Amsterdam qui, oh honte, n’est qu’à un maigrichon 3 heures de Bruxelles.


Smokes

Et bien, j’ai su contrôler ma folle envie de défonce sans retenue/sans souvenir jusqu’à maintenant; pour jouir de la liberté des lois néerlandaises, il n’était pas nécessaire d’aller si loin, suffisait de trouver la frontière et d’étirer le pas de l’autre côté (voir Maastricht).

Le Central Station Coffeeshop nous accueille aussitôt descendu du train : « Amsterdam rocks! », est-il possible d’entendre en dessous des trop lourds sacs à dos des jeunes voyageurs tout excités d’être débarqués au cœur de la Légende. Les effluves de brouillard de ces cafés sans café permettent de deviner les bonnes adresses lorsque notre œil se permet un brin d’inattention. Autour de la Damstraat : un magasin sur trois permet en effet de consommer de la mari en toute légalité (en alternance avec les restos rapides, casinos et mendiants. Il est soi dit en passant fortement déconseillé à quiconque de verrouiller un vélo dans les environs de la gare et de la rue principale…et il est aussi possible d’y acheter des vélos à des junkie pour 10 euros;). Plus on s’éloigne de ce noyau, plus les coffeeshops se font rares, jusqu’à disparaître complètement, même à l’intérieur encore de la vieille ville fourmillante. Le phénomène est concentré et les jeunes hystériques anesthésiés, naturellement restreints au périmètre touristique.



Whores

Des rues qui se croisent, mais se ressemblent tant qu’on doit vérifier derrière qu’on a bien tourné le coin et non juste été coupé de notre dimension pendant quelques secondes, dans la lune. À regarder plus près, on réalise qu’il existe bel et bien une diversité sous les feux rouges; de jeunes femmes aux attributs de pré-adolescentes couverts de timides bouts de tissu aux motifs de la jungle; de plus vieilles qui tentent d’étirer leur jeune âge, réussissant vraisemblablement toujours à garder de belles jambes; des blondes aux seins bien ronds, des basanées au derrière bien rebondi. Les plus belles créatures se trouvent dans les petites ruelles et peuvent exiger l’effort nécessaire pour les trouver. Les vitrines, à défaut de rendre les femmes plus belles qu’elles pourraient l’être ou l’avoir été, permettent de les mettre toutes à l’avant d’une scène qui leur serait autrement impossible de gravir.

Et l’homme dans tout ça? Il tente de mettre un pied devant l’autre sans trébucher, tente de regarder sans vouloir acheter. Certains s’amusent à négocier avec les belles – jaser avec une pute à Amsterdam, ça fait toujours une très bonne anecdote à raconter aux amis de retour à la maison – alors que d’autre sortent de service. J’ai pu attraper au passage quelques chiffres bien étonnants : 25 euros pour un service complet! C’est moins cher qu’un tour de calèche et plus extraordinaire qu’un tour de montagnes russes.

Curieux de songer au passage que chaque rideau tiré cache une et un autre, jouant à la péniche et au bassin. Les jeunes voyageurs savourent l’exotisme débile que leur permet leur Eurail Pass, perdus sur un terrain de foot aux lumières qui n’ont rien de la clarté du jour.



Bikes

Les rues d’Amsterdam sont plus roulantes que ce qu’on en croit : non seulement y a-t-il une quantité hallucinante de vélos couvrant chaque tronçon de rambarde ou de clôture rencontré, mais chacun de ces vélos est accompagné d’au moins un cycliste potentiel. Je m’explique.

Il faut comprendre que les rues ne sont PAS pour les voitures. À l’extérieur des grandes artères où les moteurs ont plus d’opportunités de performance et les cyclistes, leurs propres voies de chaque côté, les automobilistes n’ont d’autre choix que d’obéir à la loi du plus grand nombre dans les rues. Chaque égarement d’un piéton dans la voie cyclable est un appel à la mort; il faut faire gaffe, il faut faire tellement gaffe… Aux feux, le marcheur peut bien violer le code de couleur s’il n’y a pas de voiture, mais surtout, surtout, seulement dans le cas ou aucun cycliste n’a la priorité. Les cyclistes sont maîtres du territoire: quel bonne expérience pour l’estime de soi que de louer un vélo et jouer au maître du monde! Il faut cependant partager le pouvoir avec les rouleurs plus expérimentés.

C’est que les cyclistes d’Amsterdam ont une feuille de route absolument impressionnante! Essayez de vous imaginer votre vie de gamin amstellodamois qui accompagne quotidiennement papa-maman lors de ses déplacements, en passager avant ou arrière :

Chaque jour, vous roulez sur « l’autoroute à vélo », suivis de dizaines d’autres monsieurs-madames-jeunes-et-moins-jeunes en santé. Votre sièges pour enfants est super mignon : très petit, il s’installe facilement derrière le pilote, ou encore soit à l’avant ou à l’arrière du guidon - certains vélos deviennent de véritables bus : j’en ai vu un avec capacité de 4 jeunes!

Aussitôt que les vous grandissez et que votre gabarit augmente de taille au-delà de votre micro-siège plastique, il faut vous glisser vers l’alternative naturelle au rôle de passager : celui de pilote! Dès le début de la période scolaire, vous êtes « entraîné » par vos parents cyclistes : non seulement devez-vous être assez habile pour accélérer, freiner et traverser les rails de tram sans vous y coincer, mais il faut que vous ayez aussi développé une connaissance de la route et une vigilance irréprochable. La capacité de se véhiculer seul à vélo devient alors signe d’une véritable indépendance, à l’image de la voiture pour les ados de 16 ans ailleurs. L’obésité infantile? Vous n’avez probablement jamais entendu parler…


Curiosités

Étrangement, le port du casque n’est pas une option, même chez les enfants; par cela, je ne veux pas dire que tous l’enfilent d’emblée, je veux plutôt dire que personne n’en a, simplement.

Sur les vélos, les femmes conservent leur mise en plis et leurs belles grandes jupes – il existe même un type de siège presque complètement rond qui évite la séparation de l’entrejambe et permet aux femmes d’être de véritables coquettes filantes.


……

Je ne serais probablement même pas montée jusque là durant ce voyage si ce n’avait été du fait que je pouvais y retrouver ma copine Renée.

Ne vous imaginez pas que je me sois contentée de rencontrer les clichés! Fidèle à ma tradition, j’ai préféré la visite d’endroits bien normaux, mais toujours incroyablement superbes. Je n’en avais jamais assez de laisser mon regard porter à travers les ponts, au-dessus des canaux, entre les arbres et jusqu’au sommet de ces étroites façades qui trahissent leur emplacement géographique. À Amsterdam, il est toujours possible de trouver une nouvelle tranquillité, au fil de l’eau, loin du tumulte des grandes capitales «normales ».

Renée et moi avons passé notre première journée de retrouvaille en partie avec une autre Canadienne, Zoe, originaire d’Ottawa. Passer une soirée à chercher la plus étroite maison au monde (la largeur d’une seule fenêtre… je vous dis!), battre quelques passionnants débats politiques et humains avec comme thème l’identité canadienne autour d’une savoureuse bière belge (oui oui! Très très populaire aux Pays-Bas…) avant de traverser le Red Light fut suffisant comme activité du samedi soir. Le lendemain, nous complétions la visite globale de la ville. Ce n’est pas très grand, Amsterdam.

Deux jours à voir de mes tristes pieds les cyclistes filer de haut en bas sur les buttes des petits ponts, j’avais envie d’avoir ma liberté moi aussi. J’ai loué un vélo par une journée superbe, ce qui me permit de réaliser quelques clichés en solitaire et de sortir de la ville pour une magnifique balade avec Renée. Incroyablement, il n’en prend qu’une dizaine de minutes de coups de pédales avant de se retrouver en banlieue d’Amsterdam depuis le centre, puis probablement deux de plus pour arriver complètement en campagne. Au fil de l’Amstel, nous avons trouvé des moutons bruns partageant le paysage avec moulins et autoroutes - j’ai dis campagne néerlandaise, pas seulement « campagne »! Ce n’est pas très grand, les Pays-Bas.

Pour clore mon séjour en beauté, Renée m’a fait découvrir la meilleure tarte aux pommes néerlandaise de tout Amsterdam. Mon Dieu… il faut vraiment avoir goûté aussi à cette galette de gâteau, épices, verger et crème pâtissière pour partager mon extase.

On s’en reparlera quand votre curiosité vous aura mené jusqu’ici.

Entre temps, il y a toujours la pluie et le beau temps.

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