Sunday, July 29, 2007

Le reunification

Gros bonjour!

Apres Hamburg et ses rives bordées de grues, j'ai fait la rencontre de l'Allemagne centrale - de la Basse-Saxe plus particulièrement - patrie des contes des frères Grimm couverte des valons romantiques et villages entourés de forêts bien denses. C'est avec le père des enfants allemands que j'ai gardés tout le printemps que je me suis rendue a Kassel, ville plus que banale et sans interêt, sauf si elle n'y avait pas lieu chaque 5 ans la plus grande exposition d'art moderne d'Europe, sinon du monde entier. Pendant 10 jours, la ville vit au rhythme des amateurs d'art, dans quelques 5 lieux différents, tantôt salles permanentes, tantôt baraques/roulottes organisées pour protéger contre les intempéries le fruit d'imagination spatiale, politique ou simplement disjontement artistique. Beaucoup de matière a requestionner notre environement, modifier notre point de vue sur l'étalement de la réalite sur notre route ou simplement a brusquer nos repères. On dit cependant que l'exposition de cette année ne fait pas dans la réinvention de la roue, qu'on a connu mieux au cours des 11 autres Documentas des dernières 50 années. Nouveauté pour moi, le depart d'un goût tout frais: j'ai beaucoup apprecie me balader de salle en salle, ouverte à une nouvelle constatation de la sensibilité d'autres êtres bien humains, observateurs, la voix en sourdine ou le crayon foncé. Les collections les plus marquantes étaient pour moi celles qui comprennaient des photos, bien que j'aie particulièrement apprécié la giraffe empaillée.




De Kassel, j'ai ete reconduite a Göttingen, ville beaucoup plus sympathique situee a quelques 40km au nord de Kassel. Ville universitaire qui a enrichi le savoir d'icones allemands tels Otto von Bismark, les freres Grimms, Gerhard Schroeder et quelques 42 prix nobels divers, elle se trouve egalement a etre la ville natale d'Ole, mon compagnon de voyage dans les Balkans en 2005. Retrouvailles donc, dans une ville tres calme, ou les petites places s'enchainent, les passages se devoilent et les passants se saluent. Sans avoir le rayonnement de Strasbourg, Göttingen presente le charme des secrets de fond de vallee (meme en pleine plaine, une colline toujours a l'horizon), toujours un colombage au coin de la vision.



Bien sûr, ce n'est pas la Seine,
Ce n'est pas le bois de Vincennes,
Mais c'est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.
...
Et que personne ne s'offense,
Mais les contes de notre enfance,
"Il était une fois" commence
A Göttingen.

----- Barbara -----


C'est par la route, au volant d'une - assurez-vous de bien m'imaginer - Mercedes coupee sport, que nous sommes entres dans la grande capitale reunifiee. Il y avait quelque chose d'irreel a parcourir les grandes allees desertes apres un couche de soleil. Voir passer en rafale la Brandeburg Tor, le dome du Parlement, la Potzdamer Platz, la tour de l'Alexander Platz, les grands blocs socialistes... et traverser le mur encore et encore, colant sans le vouloir des images d'archives ou s'ecroulaient des tonnes de ciments, mur enfourche joyeusement par des Berlinois liberes; ces images, je me les rappelle de cette soiree meme du 9 novembre 1989, sur Radio-Canada ou je ne sais quoi, et ca fait quand meme tout drole de les voir ici.

Le quotidien a Berlin s'est pare de tranquilite, pas tres friant des lieux les plus prises; si, pour la forme, mais surtout ce qu'il semblait me falloir, c'est errer avec quelqu'un d'autre dans les vrais quartiers (quand meme les plus "branches" et agreables a gouter des yeux et de pleine bouche: je n'ai jamais autant vu de graffitis ni sirote de cafe de matine dans les restos). Je me demande comment j'aurais pu trouver tous ces petits bar de fond de parc/usine desaffectes sans mon savant guide personnel...


C'est fou comme les jardins delabres peuvent quand meme renfermer une structure moderne: electricite stable, eau courante et WC inclus. C'est simplement normal que la priorite de reconstruction ne soit pas la restauration de lieux publics tels que parcs et fontaines alors qu'il y a encore tant a faire pour accorder est et ouest. Ne vous imaginez par contre par une zone de guerre sarajevoyenne, ici les maisons soufflees ont ete soufflees plus fort au vent et les grues occupent l'horizon autant que les hirondelles. D'autres lieux bien populaires et tellement "berlinois" sont les anciennes usines desaffectees remodelees en village alternatifs ou les anciennes casernes, en centre communautaires artistiques. Ce n'est pas vous mentir que vous dire que Berlin inspire a aller au bout de son art et de ne pas trop s'embeter avec les moyens. L'improvisation et la simplicite agence de facon tout a fait broche-a-foin parfois, mais tant que ca marche!

A Berlin,
- les librairies et couvents cachent des galleries d'art
- les eglises survivent de l'exterieur, mais tres souvent pas de l'interieur (une fabuleuse metaphore physique de l'Eglise)
- le contenant ne dit rien sur le contenu: les facades ruinees agissent comme trompe l'oeil
- les parcs sont grands et verts, pour les Volks (le peuple)
- la vie est pas chere, pas chere: bons restos et bieres, mouha!
- les no-man's lands subsistent dans la verdure desechee
- le paysage change: on ouvre, on ferme, on demoli, on metamorphose. Attention aux innattentions de quelques mois, on peut tre bien ne plus s'y retrouver dans son quartier!

Je peux vous garantir que mon objectif s'est regale de l'architecture nerveusement schizophrene de Berlin, de ses cheminees reorientees et de ses bouts de murs officiels, ou pas (seulement une partie infime du vrai mur reste: le reste, c'est la deuxieme frontiere...).

Aujourd'hui dimanche, une bonne experience allemande de brunch: un plaisir chaque jour de weekend, et vraiment pas cher pour un delicieux buffet, a des milles des patates rissollees/bacon/oeufs brouilles/toast. Ca me fait de la peine a le dire, mais avec nos brunchs quebecois, on peut franchement aller se rhabiller! Apres avoir visiter en concorde le Deutsches Historisches Museum, nous nous sommes immice illegalement dans la Alte Nationale Gallerie - la mere d'Ole est une enthousiaste devoreuse d'art, et rien ne peux l'arreter, pas meme les heures de fermeture et surtout pas les gardes innattentifs - pour pouvoir observer le buste ancien de Nefertiti. Sous la pluie, il y avait avantage a se trouver a l'interieur et apprendre quelquechose sur le monde lointain au lieu de se geler les pied. Aujourd'hui, on dirait octobre.


Demain, il y a le moment ou je passe a une autre ville.

J'espere que vous vous portez bien.

Je pense a vous, gros bisous!

Friday, July 20, 2007

Deutschland (prise 8)

Schöne Grüsse von Hamburg!

Ah, dans mes plans ideaux, j'aurais voulu vous parler de Paris, Brugges, Ostende, Tournai, Luxembourg City, Strasbourg, Heidelberg et Aachen, mais je dois sauter une grande riviere d'experiences pour vous reprendre sur une autre rive, dans le present, quelque part en Allemagne - encore.

J'ai entamme lundi mon "voyage" en Deuschlandie pour les quelques 3 semaines a venir. Plus qu'un voyage ou je vais voir beaucoup de chose, il s'agit d'abord de suivre une route qui s'est presentee a moi de facon insoupconnee au cours des derniers mois. Et les evenements d'une vie etant ce qu'ils sont, je suis desormais a parcourir le sol de Hambourg comem une grande; les plans originaux etaient que Dominik et moi partions en voiture, puis sac a dos en train vers le nord-est du Pays , mais sentant plutot l'appel personnel de la decouverte en solitaire, nous avons pris des routes differentes. (Je m'etais pour pour nos vacances munie d'une passe de train pour 9 jours, alors ayant decide de dedier cet ete a mon moi, c'est la passe de train qui decida de ce qui devait etre mon terrain de jeu). Pays propice aux emotions fortes si elles en sont, je me sens reprendre vie en Allemagne, a simplement ecouter mon intuition. C'est un art que je me dois de continuer a travailler, mais qui enrichie plus que beaucoup.

J'ai le privilege de de decouvrir Hambourg, deuxieme port d'Europe, en compagnie de Tina, une charmante Couchsurfeuse qui me laisse squatter sa salle-a-manger-salon pendant quelques jours. Apres une grande journee de changements emotionels, j'ai su trouver avec elle une oreille et une bonne source de divertissement: on papotte entre filles sur la musique et les fringues, ca fait du bien! Se switcher le Canal Intensite a off un peu pour se laisser flotter sur la ouate du monde connu. Cela me permet en effet d'amplifier la douceur tranquille des marches en solitaire et de rafraichir mon oeil. Je n'ai jamais autant pris de photos de ma vie: non seulement je fixe le paysage, mais je sens egalement le desir d'aller chercher des moments humains dans la rue et de les porter comme messages, comme temoignages tranquilles d'un tres grand monde rempli de richesses vivantes. J'ai hate de vous montrer.

La ville impressionne par la grandeur de son ciel (tres plat, le nord de l'Allemagne, et bien qu'on ne soit pas sur le bord de la mer, l'impression d'espace infini est bien present), la beaute de son port de plaisance parseme de voiliers aux ailes blanches, la majeste de ses vieux entrepos centenaires, ses massives grues squelettiques et ses turquoises clochers de cuivre. Les gens du coin me font le plaisir de parler un allemand tres standard (le haut allemand qu'on peut entendre dans les medias nationaux, en fait) et de me laisser parler mon allemand maladroit. Jusqu'a maintenant, je n'ai pas utilise l'anglais du tout pour me faire comprendre: les Hamburgers sont aussi patients. Ah oui, evidemment tout ici est hamburgeois... on en sourit espieglement durant les premieres heures bien sur, puis on s'habitue...

Gros becs hambourgeois a vous en vous souhaitant une belle journee d'ete tout en bonheur.