Apres Hamburg et ses rives bordées de grues, j'ai fait la rencontre de l'Allemagne centrale - de
De Kassel, j'ai ete reconduite a Göttingen, ville beaucoup plus sympathique situee a quelques 40km au nord de Kassel. Ville universitaire qui a enrichi le savoir d'icones allemands tels Otto von Bismark, les freres Grimms, Gerhard Schroeder et quelques 42 prix nobels divers, elle se trouve egalement a etre la ville natale d'Ole, mon compagnon de voyage dans les Balkans en 2005. Retrouvailles donc, dans une ville tres calme, ou les petites places s'enchainent, les passages se devoilent et les passants se saluent. Sans avoir le rayonnement de Strasbourg, Göttingen presente le charme des secrets de fond de vallee (meme en pleine plaine, une colline toujours a l'horizon), toujours un colombage au coin de la vision.
Bien sûr, ce n'est pas la Seine,
Ce n'est pas le bois de Vincennes,
Mais c'est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.
...
Et que personne ne s'offense,
Mais les contes de notre enfance,
"Il était une fois" commence
A Göttingen.
----- Barbara -----
C'est par la route, au volant d'une - assurez-vous de bien m'imaginer - Mercedes coupee sport, que nous sommes entres dans la grande capitale reunifiee. Il y avait quelque chose d'irreel a parcourir les grandes allees desertes apres un couche de soleil. Voir passer en rafale la Brandeburg Tor, le dome du Parlement, la Potzdamer Platz, la tour de l'Alexander Platz, les grands blocs socialistes... et traverser le mur encore et encore, colant sans le vouloir des images d'archives ou s'ecroulaient des tonnes de ciments, mur enfourche joyeusement par des Berlinois liberes; ces images, je me les rappelle de cette soiree meme du 9 novembre 1989, sur Radio-Canada ou je ne sais quoi, et ca fait quand meme tout drole de les voir ici.
Le quotidien a Berlin s'est pare de tranquilite, pas tres friant des lieux les plus prises; si, pour la forme, mais surtout ce qu'il semblait me falloir, c'est errer avec quelqu'un d'autre dans les vrais quartiers (quand meme les plus "branches" et agreables a gouter des yeux et de pleine bouche: je n'ai jamais autant vu de graffitis ni sirote de cafe de matine dans les restos). Je me demande comment j'aurais pu trouver tous ces petits bar de fond de parc/usine desaffectes sans mon savant guide personnel...
C'est fou comme les jardins delabres peuvent quand meme renfermer une structure moderne: electricite stable, eau courante et WC inclus. C'est simplement normal que la priorite de reconstruction ne soit pas la restauration de lieux publics tels que parcs et fontaines alors qu'il y a encore tant a faire pour accorder est et ouest. Ne vous imaginez par contre par une zone de guerre sarajevoyenne, ici les maisons soufflees ont ete soufflees plus fort au vent et les grues occupent l'horizon autant que les hirondelles. D'autres lieux bien populaires et tellement "berlinois" sont les anciennes usines desaffectees remodelees en village alternatifs ou les anciennes casernes, en centre communautaires artistiques. Ce n'est pas vous mentir que vous dire que Berlin inspire a aller au bout de son art et de ne pas trop s'embeter avec les moyens. L'improvisation et la simplicite agence de facon tout a fait broche-a-foin parfois, mais tant que ca marche!
A Berlin,
- les librairies et couvents cachent des galleries d'art
- les eglises survivent de l'exterieur, mais tres souvent pas de l'interieur (une fabuleuse metaphore physique de l'Eglise)
- le contenant ne dit rien sur le contenu: les facades ruinees agissent comme trompe l'oeil
- les parcs sont grands et verts, pour les Volks (le peuple)
- la vie est pas chere, pas chere: bons restos et bieres, mouha!
- les no-man's lands subsistent dans la verdure desechee
- le paysage change: on ouvre, on ferme, on demoli, on metamorphose. Attention aux innattentions de quelques mois, on peut tre bien ne plus s'y retrouver dans son quartier!
Je peux vous garantir que mon objectif s'est regale de l'architecture nerveusement schizophrene de Berlin, de ses cheminees reorientees et de ses bouts de murs officiels, ou pas (seulement une partie infime du vrai mur reste: le reste, c'est la deuxieme frontiere...).
Aujourd'hui dimanche, une bonne experience allemande de brunch: un plaisir chaque jour de weekend, et vraiment pas cher pour un delicieux buffet, a des milles des patates rissollees/bacon/oeufs brouilles/toast. Ca me fait de la peine a le dire, mais avec nos brunchs quebecois, on peut franchement aller se rhabiller! Apres avoir visiter en concorde le Deutsches Historisches Museum, nous nous sommes immice illegalement dans la Alte Nationale Gallerie - la mere d'Ole est une enthousiaste devoreuse d'art, et rien ne peux l'arreter, pas meme les heures de fermeture et surtout pas les gardes innattentifs - pour pouvoir observer le buste ancien de Nefertiti. Sous la pluie, il y avait avantage a se trouver a l'interieur et apprendre quelquechose sur le monde lointain au lieu de se geler les pied. Aujourd'hui, on dirait octobre.
Demain, il y a le moment ou je passe a une autre ville.
J'espere que vous vous portez bien.
Je pense a vous, gros bisous!
