Tuesday, May 29, 2007

Colonia Claudia Ara Agrippinensium

(Köln ou Cologne pour les intimes)

Elle n’est pas chaotique. Elle est propre. Elle est verte. Elle est bleue. Elle est neuve.

Cologne est re-née de ses cendres, sauvagement happée par la seconde Guerre Mondiale. Il faut voir des images datant de 1945 pour comprendre l’ampleur de la destruction de la ville… La seule chose qui restait toujours debout, dramatiquement fière, est la superbe cathédrale gothique, le Dom, comme on l’appelle ici. Au moins, les Alliés on cru bon d’épargner ce chef-d’œuvre architectural, ce patrimoine religieux irremplaçable. Un peu moins irremplaçables étaient les quelques 7000 victimes écrasées au cours de quatre bombardements différents (dont 4377 lors de l’attaque intensive du 28 juin 1943!!!).

Cette destruction, on ne la ressent plus trop : la reconstruction s’est faite de façon plus ou moins fidèle aux plans d’autrefois, et le touriste ne perçoit plutôt, par exemple, que l’incroyable conservation de la vieille ville… Remodelée, la vieille, revampée remise sur des pieds qu’on lui avait même amputés. Mais les couleurs y sont un peu trop vives, trop harmonisées pour qu’on y croit vraiment après 2 coups d’oeils.

Les témoins de cette guerre reste toujours les églises, victimes survivantes qui témoignent des tremblements intenses du ciel et de la terre en temps de folie. Plusieurs clochers appartiennent maintenant à la mémoire.

Le cœur de Cologne, son souffle et sa vie, c’est le Rhin. La majestueuse rivière coule du sud au nord, emportant avec elle des centaines de barges qui font la navette entre vendeurs et acheteurs de produits de toutes sortes le long de ses rives, pour ensuite filer dans les maisons en passant par les terres. Le jour, ce trafic fascine les enfants, en soirée, il ajoute au romantisme de la rive, pour le grand plaisir des amoureux, ou la mélancolie de l’oublié.

L’eau de Cologne passe avant tout sous les ponts; les passages qui chevauchent la rivière aujourd’hui sont tous neufs. Aucun des 6 ponts n’ayant survécu à la guerre, tordus comme des trombones; la vision actuelle de la rivière n’est que le fruit d’efforts relativement récents de reconnecter l’est et l’ouest de la ville (un concept très fort en Allemagne…). Le soir, la cathédrale s’illumine, dramatique : la vieille ville l’imite, alors que le …brücke éclaire de sa trace le flot coulant entre les rives. Le passage des trains et trams fait vibrer les pieds des piétons qui prennent leur temps et les fesses de cyclistes plus pressés. La vie près du Rhin inspire la contemplation, surtout quand le soleil se couche derrière les silhouettes des tours médiévales, fatigué d’avoir donné le jour à l’Europe, en route vers l’Amériiique!

Il paraît que Cologne est le foyer d’autant de personnes que Bruxelles. Mais jamais au grand jamais vous avez cette impression de presque catastrophe ambiante qui accompagne normalement le quotidien bruxellois. Je suis tentée d’emblée d’accuser positivement la grande structure et l’ordre typiquement allemand de tous les clichés. Mais c’est vrai! Dans la rue, je n’ai encore jamais entendu de klaxons impatients ou de crissement de pneus de voiture trop fière. Les piétons attendent le feu vert, et on ne nous dépasse pas dans la file au dépanneur, mais si on est un ivrogne (bien en fait, il n’y a jamais de file ou presque, simplement parce que les effectifs de travail semblent adéquats).

Passer du temps à Cologne, c’est se reconnecter avec une structure efficace, ou les problèmes sont associés à une solution immédiate parce qu'on connaît ses forces et faiblesses. Oh comme j'aimerais en dire autant en m'évitant les grands tourments... (Cologne, une inspiration, vraiment?)

Mais j'apprécie surtout autant Cologne parce qu'elle est aussi la maison d'adoption de Dominik, et par ricochet, la mienne maintenant. Ça fait bien une deuxième maison européenne, ça?

Wednesday, May 09, 2007

Le savoir, c'est le pouvoir!

Et bien je ne croyais jamais si bien dire! Car si les Belges sont affectés du syndrome de « je ne peux rien faire », ce n’est pas à cause de leur impuissance ou de leur manque de capacité ou de confiance en eux.

Plutôt, ils ne savent pas. Ce n’est pas qu’ils ne savent pas comment faire, ils ne sont pas cons, ils savent faire des tas de choses plus complexes les unes que les autres. Là n’est pas là question! C’est juste que parfois, ils ne peuvent pas, mais ils ne savent pas comment le dire. Bien ils les connaissent, leurs capacités et limites, mais ne sont pas capable d’utiliser le bon mot pour les exprimer. Alors quand ils peuvent, ils savent.

C’est ainsi que « Peux-tu me donner le beurre? » est reconnu à la table belge comme étant « Sais-tu me donner le beurre? ». Oui, étirer le bras; oui fermer la main sur le beurrier; oui lever le bras avec grâce, oui faire planer l’objet au-delà des plus hauts sommets de la table jusqu’à son quémandeur; oui souriant. « Oui, je sais tout ça, c’est même un des gestes les plus acquis qui soient!!! Et toi, t’as appris à donner le beurre à quel âge? » « Non mais, tu sais me le donner, dis?! »

Ahhh…

Les Belges se trompent, mais ils le savent très bien! C’est seulement qu’ils ne savent pas faire autrement.


(une vieille histoire qui me trottait dans la tête dès la première semaine. Je ne savais plus la garder pour moi...
merci pour l'inspiration, les filles!)

Sunday, May 06, 2007

Normales saisonnières

La Belgique est revenue à elle:
il pleut il mouille c'est la fête a la grenouille!!!



(Aucune goutte de pluie n'avait été vue depuis le 31 mars...)

Tuesday, May 01, 2007

Laurine


Laurine a un sourire en amandine et un nez de coccinelle.
Ses couettes virevoltent avec ses farandoles, tête en bas tête en haut.
Laurine bouffonne quand sa frimousse se trémousse sur des chansons à souvenirs de rire.
Laurine adore les histoires sur l’oreiller d’ou s’envole son petit dentier troué.
Laurine câline mots et merveilles, sur nuages ou sur terre.
Laurine, un trésor de girouette, qui brille et brille, et brille…