Tuesday, August 14, 2007

Smokes, Whores and Bikes

Vous demandez sûrement comment j’ai fait pour attendre jusqu'à la toute fin de mon séjour pour monter jusqu’à Amsterdam qui, oh honte, n’est qu’à un maigrichon 3 heures de Bruxelles.


Smokes

Et bien, j’ai su contrôler ma folle envie de défonce sans retenue/sans souvenir jusqu’à maintenant; pour jouir de la liberté des lois néerlandaises, il n’était pas nécessaire d’aller si loin, suffisait de trouver la frontière et d’étirer le pas de l’autre côté (voir Maastricht).

Le Central Station Coffeeshop nous accueille aussitôt descendu du train : « Amsterdam rocks! », est-il possible d’entendre en dessous des trop lourds sacs à dos des jeunes voyageurs tout excités d’être débarqués au cœur de la Légende. Les effluves de brouillard de ces cafés sans café permettent de deviner les bonnes adresses lorsque notre œil se permet un brin d’inattention. Autour de la Damstraat : un magasin sur trois permet en effet de consommer de la mari en toute légalité (en alternance avec les restos rapides, casinos et mendiants. Il est soi dit en passant fortement déconseillé à quiconque de verrouiller un vélo dans les environs de la gare et de la rue principale…et il est aussi possible d’y acheter des vélos à des junkie pour 10 euros;). Plus on s’éloigne de ce noyau, plus les coffeeshops se font rares, jusqu’à disparaître complètement, même à l’intérieur encore de la vieille ville fourmillante. Le phénomène est concentré et les jeunes hystériques anesthésiés, naturellement restreints au périmètre touristique.



Whores

Des rues qui se croisent, mais se ressemblent tant qu’on doit vérifier derrière qu’on a bien tourné le coin et non juste été coupé de notre dimension pendant quelques secondes, dans la lune. À regarder plus près, on réalise qu’il existe bel et bien une diversité sous les feux rouges; de jeunes femmes aux attributs de pré-adolescentes couverts de timides bouts de tissu aux motifs de la jungle; de plus vieilles qui tentent d’étirer leur jeune âge, réussissant vraisemblablement toujours à garder de belles jambes; des blondes aux seins bien ronds, des basanées au derrière bien rebondi. Les plus belles créatures se trouvent dans les petites ruelles et peuvent exiger l’effort nécessaire pour les trouver. Les vitrines, à défaut de rendre les femmes plus belles qu’elles pourraient l’être ou l’avoir été, permettent de les mettre toutes à l’avant d’une scène qui leur serait autrement impossible de gravir.

Et l’homme dans tout ça? Il tente de mettre un pied devant l’autre sans trébucher, tente de regarder sans vouloir acheter. Certains s’amusent à négocier avec les belles – jaser avec une pute à Amsterdam, ça fait toujours une très bonne anecdote à raconter aux amis de retour à la maison – alors que d’autre sortent de service. J’ai pu attraper au passage quelques chiffres bien étonnants : 25 euros pour un service complet! C’est moins cher qu’un tour de calèche et plus extraordinaire qu’un tour de montagnes russes.

Curieux de songer au passage que chaque rideau tiré cache une et un autre, jouant à la péniche et au bassin. Les jeunes voyageurs savourent l’exotisme débile que leur permet leur Eurail Pass, perdus sur un terrain de foot aux lumières qui n’ont rien de la clarté du jour.



Bikes

Les rues d’Amsterdam sont plus roulantes que ce qu’on en croit : non seulement y a-t-il une quantité hallucinante de vélos couvrant chaque tronçon de rambarde ou de clôture rencontré, mais chacun de ces vélos est accompagné d’au moins un cycliste potentiel. Je m’explique.

Il faut comprendre que les rues ne sont PAS pour les voitures. À l’extérieur des grandes artères où les moteurs ont plus d’opportunités de performance et les cyclistes, leurs propres voies de chaque côté, les automobilistes n’ont d’autre choix que d’obéir à la loi du plus grand nombre dans les rues. Chaque égarement d’un piéton dans la voie cyclable est un appel à la mort; il faut faire gaffe, il faut faire tellement gaffe… Aux feux, le marcheur peut bien violer le code de couleur s’il n’y a pas de voiture, mais surtout, surtout, seulement dans le cas ou aucun cycliste n’a la priorité. Les cyclistes sont maîtres du territoire: quel bonne expérience pour l’estime de soi que de louer un vélo et jouer au maître du monde! Il faut cependant partager le pouvoir avec les rouleurs plus expérimentés.

C’est que les cyclistes d’Amsterdam ont une feuille de route absolument impressionnante! Essayez de vous imaginer votre vie de gamin amstellodamois qui accompagne quotidiennement papa-maman lors de ses déplacements, en passager avant ou arrière :

Chaque jour, vous roulez sur « l’autoroute à vélo », suivis de dizaines d’autres monsieurs-madames-jeunes-et-moins-jeunes en santé. Votre sièges pour enfants est super mignon : très petit, il s’installe facilement derrière le pilote, ou encore soit à l’avant ou à l’arrière du guidon - certains vélos deviennent de véritables bus : j’en ai vu un avec capacité de 4 jeunes!

Aussitôt que les vous grandissez et que votre gabarit augmente de taille au-delà de votre micro-siège plastique, il faut vous glisser vers l’alternative naturelle au rôle de passager : celui de pilote! Dès le début de la période scolaire, vous êtes « entraîné » par vos parents cyclistes : non seulement devez-vous être assez habile pour accélérer, freiner et traverser les rails de tram sans vous y coincer, mais il faut que vous ayez aussi développé une connaissance de la route et une vigilance irréprochable. La capacité de se véhiculer seul à vélo devient alors signe d’une véritable indépendance, à l’image de la voiture pour les ados de 16 ans ailleurs. L’obésité infantile? Vous n’avez probablement jamais entendu parler…


Curiosités

Étrangement, le port du casque n’est pas une option, même chez les enfants; par cela, je ne veux pas dire que tous l’enfilent d’emblée, je veux plutôt dire que personne n’en a, simplement.

Sur les vélos, les femmes conservent leur mise en plis et leurs belles grandes jupes – il existe même un type de siège presque complètement rond qui évite la séparation de l’entrejambe et permet aux femmes d’être de véritables coquettes filantes.


……

Je ne serais probablement même pas montée jusque là durant ce voyage si ce n’avait été du fait que je pouvais y retrouver ma copine Renée.

Ne vous imaginez pas que je me sois contentée de rencontrer les clichés! Fidèle à ma tradition, j’ai préféré la visite d’endroits bien normaux, mais toujours incroyablement superbes. Je n’en avais jamais assez de laisser mon regard porter à travers les ponts, au-dessus des canaux, entre les arbres et jusqu’au sommet de ces étroites façades qui trahissent leur emplacement géographique. À Amsterdam, il est toujours possible de trouver une nouvelle tranquillité, au fil de l’eau, loin du tumulte des grandes capitales «normales ».

Renée et moi avons passé notre première journée de retrouvaille en partie avec une autre Canadienne, Zoe, originaire d’Ottawa. Passer une soirée à chercher la plus étroite maison au monde (la largeur d’une seule fenêtre… je vous dis!), battre quelques passionnants débats politiques et humains avec comme thème l’identité canadienne autour d’une savoureuse bière belge (oui oui! Très très populaire aux Pays-Bas…) avant de traverser le Red Light fut suffisant comme activité du samedi soir. Le lendemain, nous complétions la visite globale de la ville. Ce n’est pas très grand, Amsterdam.

Deux jours à voir de mes tristes pieds les cyclistes filer de haut en bas sur les buttes des petits ponts, j’avais envie d’avoir ma liberté moi aussi. J’ai loué un vélo par une journée superbe, ce qui me permit de réaliser quelques clichés en solitaire et de sortir de la ville pour une magnifique balade avec Renée. Incroyablement, il n’en prend qu’une dizaine de minutes de coups de pédales avant de se retrouver en banlieue d’Amsterdam depuis le centre, puis probablement deux de plus pour arriver complètement en campagne. Au fil de l’Amstel, nous avons trouvé des moutons bruns partageant le paysage avec moulins et autoroutes - j’ai dis campagne néerlandaise, pas seulement « campagne »! Ce n’est pas très grand, les Pays-Bas.

Pour clore mon séjour en beauté, Renée m’a fait découvrir la meilleure tarte aux pommes néerlandaise de tout Amsterdam. Mon Dieu… il faut vraiment avoir goûté aussi à cette galette de gâteau, épices, verger et crème pâtissière pour partager mon extase.

On s’en reparlera quand votre curiosité vous aura mené jusqu’ici.

Entre temps, il y a toujours la pluie et le beau temps.

Friday, August 10, 2007

Traverser la Fôrêt-Noire: vers l'illumination

Au-delà des pignons baroques de Bavière se déroule une filée de collines sombres, denses sans accepter de danser avec les pâleurs de feuillus albinos. La forêt noire, ce n’est pas qu’un gâteau moelleux, c’est aussi. En chemin, la cachette de Stuttgart surprend : la grande ville a l’air d’un gros village de province. Je m’y arrête sans débarquer, trop pressée que je suis d’enchaîner les trois trains qui éventuellement me mèneront à Freiburg. En effet, les raccourcis entre Münich et la capitale du Baden-Württenberg sont simplement inexistants. Je m’en sens inefficace.

Mon train en partance de Karlsruhe avait une heure de retard, ce qui fit que je manquai le seul couché de soleil sans couverture depuis une bonne semaine; à la place, j’ai eu droit à l’agonie du spectre complet des couleurs chaudes sur fond d’horizon montagneux lointain de l’Alsace. Ce fut le plus beau spectacle 220km/h auquel j’ai eu le privilège d’assister. C’est de ces moments là qu’il ne faut pas essayer de capter sur pellicule; plutôt, il ne faut pas le laisser s’évader de notre mémoire.


Freiburg à 23h était sombre et froide, et ça n’avait rien à voir avec les arbres : vous ai-je assez répété que la météo cet été ici en Europe, est d’une médiocrité sans pareil?

Chez mes hôtes, je partageais le salon d’un petit appartement étudiant avec un rat. Mes hôtes partageaient leur temps dans les boîtes d’un déménagement éventuel et les pratiques pour examens de chef cuisinier : j’ai eu droit à un fabuleux repas 3 services, avec poisson à l’entrée, agneau accompagné d’échalotes sur lit de riz basmati bien salé arrosé de sauce au vin rouge et sorbet aux framboises baigné dans un coulis de pêches. Si ceux qui sont encore sceptiques de la grandeur de Couchsurfing ne sont pas convaincus avec ça…

Freiburg est une ville étudiante bien vivante et les avenues partagées entre piétons et tram du centre villes en sont bondées jours comme soirs. Étrangement, la ville utilise toujours un système de caniveaux à ciel ouvert en bordure des rues : originalement utilisés comme défense contre les incendies, ils sont désormais devenus source de rafraîchissement (propre) pour les pieds. Les petits y joignent souvent les mains et plusieurs éclats de rire, surpris par la force du courant. La surprise peut être moins agréable quand on oublie de regarder ou on met les pieds. Il faut franchement être prudent avec les caniveaux de Freiburg.

La ville s’est développée autour de sa très belle cathédrale, la Münster. Il ne faut pas se surprendre d’observer des photos du clocher recouvert d’échafaudages sur les produits dérivés; il est rare d’admirer la cathédrale sans. On peut même participer à la reconstruction en achetant une pierre; pour la modique somme de 600$, la fantastique campagne publicitaire pour la récolte des fonds nécessaire à une restauration complète du plus haut sommet de la ville humanifiée portant le nom de « Schau mal, das ist mein Stein! » (Regarde, c’est ma pierre) vous permet de participer à l’histoire.

Une journée complète suffit pour admirer les anciennes portes de la ville (une magnifique trace du Moyen-âge qui étonne bien toujours facilement le nord-américain) et flâner dans les nombreuses librairies. Comme deuxième journée, je me suis réservé une petit escapade dans le centre de villégiature d’été le plus prisé de toute la Forêt-Noire : Titisee (rien à voir avec Gros Minet). Sous la pluie, ce centre pour personnes à cheveux décolorés par les années ne rendait pas sa splendeur complète : la brume épaisse permettait tout juste d’apercevoir les rives enfumées du lac – certaines maisons ont recommencé à fumer un peu de bois.



Trier

La plus vielle ville d’Allemagne, c’est elle. Ancienne terre des Celtes, la région fut conquise par les Romains : en 14 AC, Trier se voyait officiellement établie sur les cartes du grand royaume sous l’égide d’Auguste. Après Rome, c’est la ville où on y trouve le plus de ruines romaines : la Porta Nigra (autrefois porte de l’ancienne forteresse qui fut à travers les âges presque entièrement cachée de terre, puis transformée en église), un amphithéâtre, un ancien palais converti en basilique évangélique (!) ainsi que plusieurs bains thermaux. La cathédrale de la ville vaut également le détour. Cependant, les foules sont mises au courant et les autocars japonais, italiens, américains ou même … s’arrête à Trier chaque jour pour y admirer les traces des Romains, ou encore, dans un tout autre ordre d’idées, la maison qui a vu naître un certain personnage dénommé Karl Marx…

C’est en visitant pareille ville européenne qu’on réalise à quel point le continent est riche en traces du passé et de pioches à curiosité. L’Allemagne en déborde, de Trier en passant par Berlin, Dachau et Göttingen. Ce fut un excellent « choix » d’expédition; certainement un moment décisif de mon histoire personnelle.


Plus que jamais, après plus de 7 mois maintenant, je commence à comprendre la dynamique européenne et percevoir les ponts entre les différents courants de l’histoire, bien qu’il manque plusieurs pièces à mon puzzle. Je réalise que je n’aurais probablement pas assez d’une vie pour me saisir de toutes ces richesses.

Tuesday, August 07, 2007

Goût de Bavière

Greeting from Freiburg!

Je commence a me faire au rhythme du voyage; j'ai retrouve un air d'aller de balade en solitaire, differente cette fois-ci que je rencontre beaucoup de gens sur ma route - "c'est l'avantage des sentiers battus et des sites "de rencontre" de voyageurs", vous me direz.

La Baviere s'est averee une planete tout a fait differente de tout ce que j'avais vu auparavant en Allemagne. J'en ai etee bonne pour un bon choc culturel, en fait: essayer de vous imaginer Munich, une ville ou une proportion debile de la population a pour employeur de grosses boites commes BMW et Siemens. Munich est une ville ou les gens travaillents et imanquablement, depensent. La premiere chose qui y frappe est donc la presence de richesse economique a en saouler les pauvres de ce monde. Gratuitement.

La deuxieme chose qui rejoint notre apprivoisement, ce sont ensuite ces habits traditionnels allemands presque trop typiques qu'on imagine a chaque Halloween: dans le centre de la ville, un magasin sur 10 offre des ensembles Lederhosen-chapeau de laine ou decollete-tablier, pour tous les prix. Il ne faut pas oublier que Munich est la capitale de l'Oktoberfest et que pour l'occasion (et beaucoup d'autres j'ai realise, a voir quelques curieux individus pares a la bavaroise deambuler nonchalemment dans les transports en communs), on se fait beau et on se bourre la face. La carte traditionnelle est jouee a l'annee dans les Biergarten qui decorent la ville de houblon et de saucisses blanches: au milieu d'un cercle de quelques arbres, quelques dizaines de tables gommantes (selon la taille. Certains peuvent accueillir quelques centaines de personnes) ou ont parle trop fort, boit trop et mange bien gras. Un cliche gros comme le bras, je sais, mais il faut voir ces 1litre de biere devant des dames aux cheveux blancs permanentes pour se rendre compte que la-bas, ils n'ont pas les memes references physiques de normalite dietetique historique que nous au Quebec - pas meme que les Belges, d'ailleurs! Toute cette biere et ces menus incomplets scient si bien les pauses du midi de semaine (dans le sens "toute la semaine") entre collegues, amis retraites ou touristes ebahis...

Evidemment, en touriste que je suis (quand meme, je m'assume de plus en plus a ce sujet), je me suis paye l'experience totale: une bonne grosse biere (un demi-litre, ne vous emballez pas) et un bon gros bretzel. J'etais si emue de mon mets que, fondue a la foule, j'en ai pris un cliche aerien: j'ai bien fait marrer mon voisin de table, qui s'est naturellement empresse de m'enfiler un commentaire en bon dialecte bavarois! Il y a une expression pour ca: briser la glace. Nous, nous avons plutot brise le bretzel;) Je me suis retrouvee a baragouiner en allemand avec cet homme - qui en fait habite Berlin-Ouest depuis 30 ans donc ne parle Dialekt que pour son gros fun personnel quand il revient dans le coin et reussit a ressortir anglais et francais de sa memoire un tantinet poussiereuse lorsque la lenteur ne s'entendait pas bien avec mes oreilles- pendant 2 heures. Un deux heures interessant certe, mais definitivement attise par le demi-litre de liquide euphorisant que devient l'alcool dilue dans mon sang. Evidemment, quand il fut parti, ce fut le tour d'autres de prendre le relais. Ce fut globalement un apres-midi complet de conversation enthousiastes avec des Allemands et des Francais: mine de rien, je commence a ressentir une appartenance pratiquement justifiee a ce continent.

Munich, dans sa beaute, m'a fait dire que c'etait la plus belle ville que j'ai vue en Allemagne. A chaque coup d'oeil, on y trouve soit un clocher, soit un ancien palais a colonnes gigantesques, soit un magasin de Lederhosen. La ville est assez propre et il y a des kiosks a fruits un peu partout - c'est le temps de la recolte, alors on est appeles a l'achat de cerises, prunes, raisins, abricots et bleuets qui ont presque deja l'air manges tellement on peut se les imaginer les devorant dans la minute. Munich a aussi un splendide parc olympique (1972) a l'architecture tout a fait contemporaine - faisant penser qu'on s'est vraiment plante a Montreal - d'ou on peux voir le soleil se coucher sur un magnifique stade en parfaite reflection sur de grands etangs calmes.

Puisques les fruits frais, la biere, les saussices et la photogenie de la ville me remplisaient de tel bonheur, j'ai decide d'aller frequenter la noiceur de l'histoire de l'Allemagne: le camp de concentration de Dachau. Jamais auparavant n'avais-je ose visiter un tel endroit, toujours un peu mal a l'aise de m'imaginer, incapable de comprendre comment l'humain en est venu a pareille cruaute. Les derniers mois m'ont permis d'integrer bon nombre de donnes historiques essentielles sur le terrain, qui me permettent actuellement d'assembler beaucoup des pieces de ce gigantesque puzzle europen. Plus que pour y observer des techniques de torture et d'extermination, j'ai plutot trouve a Dachau une explication ultra detaillee, etonnament lucide et assumee, de la preparation (sociale et militaire) de la tragedie des camps de concentration - Dachau fut letout premier, ensuite utilise comme modele pour les quelques 3000 autres de par l'Europe... - de leur developpement et de leur consequences. Apres avoir ete attaque, puis libere en 1945 et utilise comme camp de refugie pendant 20 ans, le camp de Dachau a ete transforme en 1965 en monument commemoratif. C'est maintenant un immense musee et boite a pleurs: impossible de rester impassible devant tant J'en ai encore la chaire de poule...

Sur une note plus rigolotte maintenant, une anecdote! En route vers Munich, je me suis arretee, a la suggestion de mon hote Leipzigouiyenne, a Regensburg: "la ville traversee par le Danube la plus septentrionale" - ah comme ces villes font des pieds et des mains pour etre quelque chose! La ville n'est pas le "village de la pluie", mais plutot un petit Prague, endormit avec un bebe Vienne, dans le parc, apres le diner. J'avais laisse mes bagages dans un des casiers de la gare quelques heures pour me permettre plus de legerete. La fin de la journee venue, je reprends la precieuse clee qui me redonne acces a 75% de mes avoirs actuels, j'ouvre le casier 38: rien. Rien comme dans rien-nothing-nada-niets. Quelque chose ne va pas ici... on ne peut pas avoir pris tous mes bagages sans avoir au moins laisse mon linge sale dans le casier! Avant de m'emporter, je vais demander conseil a la dame aux renseignements. Completement innocente, elle me dit "Some people lock the wrong locker sometimes". Vraiiiiiiiment? "Il y en a qui sont assez perdus pour ca!!!?? Le syndrome du con? Aaaaaahhhhnnnn, pfff! Ca va pas la tete?!". Puisque que j'allais manquer mon train dans l'instant(!), je suis quand meme allee jeter un petit coup d'oeil.
Pas meme besoin d'un coup d'oeil complet... Marianne la banane avait ferme le mauvais casier a clee; le sac de Marianne ainsi que son linge sale se reposaient en paix dans le casier 40, a cote du casier 38. En l'espace d'une minute, les Regensburgers sont passes dans mon esprit de pires malfrats sournois de l'histoire allemande a ange-honnetete-incarnee. J'ai pris le temps d'aller remercier la jeune conseillere competente a son bureau et je n'ai pas manque le train.

Contente que vous ayez reussi a lire jusqu'au bout (ca voudra dire que vous etes en vacances ou en pause;)
J'espere que vous allez bien,

Küß,
und Tschüß!


* marianne *

Friday, August 03, 2007

D'est en ouest

Gros bonjours de Bavarie!!!
(ben non, je blague: de Baviere!)

C'est a mon grand etonnement que j'ai reussi a me tirer de Berlin. Dans le tourbillon des visites avec amis enthousiastes, j'avais presque oublie pourquoi je me trouvais a cet endroit, a ce moment, depuis tant de jours...

Ce fut une visite bien unique pour ce qu'elle m'a permis de laisser aller en tant que "voyageuse": pas de panique de tout voir tout entendre tout comprendre. En fait, je n'ai jamais aussi peu "visite" de ma vie (2 heures dans un musee, puis quelques minutes a flanner dans les entrees d'autres, dans une ville qui en comprend des dizaines, plus riches d'information les uns que les autres: c'est pas beaucoup).

Je n'ai jamais ete aussi peu orientee dans une capitale non plus: c'est ce qui arrive quand on a toujours un guide qui a au moins un pas d'avance sur le notre et que la carte de ville est trop grande a deplier (Berlin est gigantesque; une ville sans centre reel, du a la division est-ouest qui a cree un developpement desaxe des deux cotes du mur, toujours a une certaine distance de la frontiere). Sauf que j'ai le cerveau rempli d'images de ruelles, de parcs et de jardins, maintenant.

Le depart de Berlin ne s'est quand meme pas fait sans une courte pause de quelques minutes au KaDeWe (Kaufhaus des Westens, literallement le Centre d'achat de l'ouest): il s'agit du plus grand magasin a rayon de l'europe continentale (seul le Harrod's de Londres est plus grand), fonde il y a maintenant une 100 ans. Le KaDeWe devint principalement fameux de parce qu'il etait une veritable etalage de la modernite ouest-allemande avant la reunification. Tres bon contraste a l'epoque avec la standardisation des genres et des biens de l'est. Je me suis retenue de surconsommer dans pareil endroit complement ridicule (coment aurais-je reussi a transporter ma gigantesque poivriere Peugeot d'un metre de haut a 399 euros jusqu'a Montreal?), sauf pour une petite bouchee: ils avaient chez Lenotre les pains au fromages les plus frais de l'histoire du monde. Pendant ce temps, Ole degustait a ma suggestion une curieuse crepe francaise beaucoup trop chere au... sirop d'erable. Franchement, pour une patisserie d'une telle pretention, ils auraient pu servir mieux que du sirop de poteau...

On a ensuite pris la voiture pour nous rendre dans la petite ville "mytique" de Caputh (oui, Caputh comme dans Kaputt et comme dans "ma camera est capoute") que desirait visiter Anna, la mere d'Ole. Situee a quelques 5 kilometres de Potsdam, au sud-ouest de Berlin, il s'agit d'un trou perdu pres d'un lac ou Albert Einstein passait autrefois ses etes - la region est aussi connue pour renfermer plusieurs lieux ou se sont rencontres a huis-clos les grands joueurs fascistes du du grand jeu d'Hitler. Important qu'il est aussi de mentionner que le village comprend un chateau - si banal qu'il ne meritait meme pas le gaspillage d'une photo numerique. Tous deux sites doivent etre cherches vigoureusement, malgre les indications pleines de bonnes intentions pour les rares touristes qui s'aventurent en pareil lieu par un lundi desole, ou chateaux, coiffeurs, musees et cafe font conge... Un endroit ideal pour se faire prendre par la pluie et apprecier un semblant de vie familiale avant d'etre laissee a la gare pour mon depart. Toutes bonnes choses ont une fin, mais j'aurai bien la chance de faire gouter du veritable sirop d'erable aux Frahm dans un futur pas si lointain.


Les ruines Leipzigiennes

Ma prochaine station etait Leipzig. Pourquoi Leipzig? Hmm... bonne question! Principalement parce que c'est une ville qui se trouve en route vers Munich, que je voulais couper le trajet en deux et que j'avais deja vu Dresden (vous vous souvenez, ma balade en auto-stop? C'est l'autre "grande ville" de Saxonie). Mais surtout parce que je sentais soudainement que je devais m'y arreter. Non pas qu'il y ait quoi que ce soit de fantastique qui m'ait attire la-bas, outre une forte intuition rationelleement inexplicable. (mon voyage en Allemagne en entier reside sur cette idee que je suis en genre de quete de quelque chose d'insoupconne. Rien ne m'a reellement guide jusqu'ici, alors que tout m'y a ammene).

Je compris pourquoi alors que j'y mis les pieds: Julia, mon hote, s'est avere etre la jeune fille (ah, 19 ans: c'est l'age que j'avais lors de mon premier voyage en Europe Centrale! Ca me parait bien jeune sur papier, maintenant...) la plus inspiree, brillante, cultivee et solide qu'il me soit donne de rencontrer depuis longtemps. On avait des tas de choses a partager, a commencer par notre passion pour la photo. Par elle, j'ai saute dans le monde des arts: elle m'apporta avec elle jusqu'a la galerie d'art complement geniale ou elle travaille. La Spinnerei est en fait un immense complexe industriel (une ancienne usine de filage textile) en banlieu de Leipzig, revitalise il y a environ 5 ans afin de renfermer plusieurs galleries et ateliers d'artistes totalement fantastiques. La renomme de la Spinnerei s'est vite faite dans le milieu et y presentent maintenant leur travaille des artistes d'un peu partout dans le monde.

La merveille avec les galleries, c'est qu'on peut visiter, se laisser inspirer et transporter par des dizaines d'oeuvres d'artistes en tout genre sans payer... (je ne crois pas que ce soit a moi d'acheter pareils oeuvres! Souhaitons simplement aux artistes de vendre suffisamment pour reussir a payer leur loyer - pas cher pas cher a Leipzig). Et de l'inspiration, les artistes de la region en ont a revendre (literallement!): apres un boom creatif dans les annees 70, on parle presentement en art visuel de "La nouvelle ecole de Leipzig". Sans parler d'un boom dans mon esprit, je peux seulement dire que ce sejour en Artistie m'a confirme que je desirais faire plus qu'archiver mes photos et mes mots dans mon sous-sol. Je vous tiendrai au courant.

Leipzig s'est avere etre plus qu'une decouverte artistique pour moi: je suis devenue chasseuse de ruines de maisons abandonnees - tres stimulantes pour l'oeil photographique. En fait, la ville a connu en 1989, comme beaucoup d'autres endroits de l'Allemagne de l'est, une chute sociale et economique dramatique. La transition a l'economie de marche de l'ouest a engendre la fermeture de plusieurs des industries essentielles au regime de la RDA mais tout a fait futiles de l'Allemagne reunifiee, de telle sorte que la province s'est videe: dans les annees 90, on comptait dans la vilel un taux d'innoccupation de pres de 30%!!! Ceux qui restent sont tres souvent sans travail et sans avenir; portrait tres sombre s'il en est un (tres vulgaire, vous m'excuserez, mais c'est pour l'effet!). La situation s'est amelioree depuis grace a l'installation de grandes industries - dont BMW et Porsche - et et d'injections de ressources venant de l'ouest - la "Taxe de reunification" n'a toujours pas ete supprimee. Cependant, le taux de chomage y est toujours tres eleve (20%).

Leipzig, c'est aussi la ville de Bach. J'ai cherche le monument hommage a Bottine, mais je ne l'ai pas trouve...


Aujourd'hui Munich, mais il y a beaucoup plus a vous raconter... La suite demain! (quand je me decide enfin a me tenir a jour, je le fait en grand ;)


J'espere que vous trouvez soleil a votre pied.

A bientot!

Sunday, July 29, 2007

Le reunification

Gros bonjour!

Apres Hamburg et ses rives bordées de grues, j'ai fait la rencontre de l'Allemagne centrale - de la Basse-Saxe plus particulièrement - patrie des contes des frères Grimm couverte des valons romantiques et villages entourés de forêts bien denses. C'est avec le père des enfants allemands que j'ai gardés tout le printemps que je me suis rendue a Kassel, ville plus que banale et sans interêt, sauf si elle n'y avait pas lieu chaque 5 ans la plus grande exposition d'art moderne d'Europe, sinon du monde entier. Pendant 10 jours, la ville vit au rhythme des amateurs d'art, dans quelques 5 lieux différents, tantôt salles permanentes, tantôt baraques/roulottes organisées pour protéger contre les intempéries le fruit d'imagination spatiale, politique ou simplement disjontement artistique. Beaucoup de matière a requestionner notre environement, modifier notre point de vue sur l'étalement de la réalite sur notre route ou simplement a brusquer nos repères. On dit cependant que l'exposition de cette année ne fait pas dans la réinvention de la roue, qu'on a connu mieux au cours des 11 autres Documentas des dernières 50 années. Nouveauté pour moi, le depart d'un goût tout frais: j'ai beaucoup apprecie me balader de salle en salle, ouverte à une nouvelle constatation de la sensibilité d'autres êtres bien humains, observateurs, la voix en sourdine ou le crayon foncé. Les collections les plus marquantes étaient pour moi celles qui comprennaient des photos, bien que j'aie particulièrement apprécié la giraffe empaillée.




De Kassel, j'ai ete reconduite a Göttingen, ville beaucoup plus sympathique situee a quelques 40km au nord de Kassel. Ville universitaire qui a enrichi le savoir d'icones allemands tels Otto von Bismark, les freres Grimms, Gerhard Schroeder et quelques 42 prix nobels divers, elle se trouve egalement a etre la ville natale d'Ole, mon compagnon de voyage dans les Balkans en 2005. Retrouvailles donc, dans une ville tres calme, ou les petites places s'enchainent, les passages se devoilent et les passants se saluent. Sans avoir le rayonnement de Strasbourg, Göttingen presente le charme des secrets de fond de vallee (meme en pleine plaine, une colline toujours a l'horizon), toujours un colombage au coin de la vision.



Bien sûr, ce n'est pas la Seine,
Ce n'est pas le bois de Vincennes,
Mais c'est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.
...
Et que personne ne s'offense,
Mais les contes de notre enfance,
"Il était une fois" commence
A Göttingen.

----- Barbara -----


C'est par la route, au volant d'une - assurez-vous de bien m'imaginer - Mercedes coupee sport, que nous sommes entres dans la grande capitale reunifiee. Il y avait quelque chose d'irreel a parcourir les grandes allees desertes apres un couche de soleil. Voir passer en rafale la Brandeburg Tor, le dome du Parlement, la Potzdamer Platz, la tour de l'Alexander Platz, les grands blocs socialistes... et traverser le mur encore et encore, colant sans le vouloir des images d'archives ou s'ecroulaient des tonnes de ciments, mur enfourche joyeusement par des Berlinois liberes; ces images, je me les rappelle de cette soiree meme du 9 novembre 1989, sur Radio-Canada ou je ne sais quoi, et ca fait quand meme tout drole de les voir ici.

Le quotidien a Berlin s'est pare de tranquilite, pas tres friant des lieux les plus prises; si, pour la forme, mais surtout ce qu'il semblait me falloir, c'est errer avec quelqu'un d'autre dans les vrais quartiers (quand meme les plus "branches" et agreables a gouter des yeux et de pleine bouche: je n'ai jamais autant vu de graffitis ni sirote de cafe de matine dans les restos). Je me demande comment j'aurais pu trouver tous ces petits bar de fond de parc/usine desaffectes sans mon savant guide personnel...


C'est fou comme les jardins delabres peuvent quand meme renfermer une structure moderne: electricite stable, eau courante et WC inclus. C'est simplement normal que la priorite de reconstruction ne soit pas la restauration de lieux publics tels que parcs et fontaines alors qu'il y a encore tant a faire pour accorder est et ouest. Ne vous imaginez par contre par une zone de guerre sarajevoyenne, ici les maisons soufflees ont ete soufflees plus fort au vent et les grues occupent l'horizon autant que les hirondelles. D'autres lieux bien populaires et tellement "berlinois" sont les anciennes usines desaffectees remodelees en village alternatifs ou les anciennes casernes, en centre communautaires artistiques. Ce n'est pas vous mentir que vous dire que Berlin inspire a aller au bout de son art et de ne pas trop s'embeter avec les moyens. L'improvisation et la simplicite agence de facon tout a fait broche-a-foin parfois, mais tant que ca marche!

A Berlin,
- les librairies et couvents cachent des galleries d'art
- les eglises survivent de l'exterieur, mais tres souvent pas de l'interieur (une fabuleuse metaphore physique de l'Eglise)
- le contenant ne dit rien sur le contenu: les facades ruinees agissent comme trompe l'oeil
- les parcs sont grands et verts, pour les Volks (le peuple)
- la vie est pas chere, pas chere: bons restos et bieres, mouha!
- les no-man's lands subsistent dans la verdure desechee
- le paysage change: on ouvre, on ferme, on demoli, on metamorphose. Attention aux innattentions de quelques mois, on peut tre bien ne plus s'y retrouver dans son quartier!

Je peux vous garantir que mon objectif s'est regale de l'architecture nerveusement schizophrene de Berlin, de ses cheminees reorientees et de ses bouts de murs officiels, ou pas (seulement une partie infime du vrai mur reste: le reste, c'est la deuxieme frontiere...).

Aujourd'hui dimanche, une bonne experience allemande de brunch: un plaisir chaque jour de weekend, et vraiment pas cher pour un delicieux buffet, a des milles des patates rissollees/bacon/oeufs brouilles/toast. Ca me fait de la peine a le dire, mais avec nos brunchs quebecois, on peut franchement aller se rhabiller! Apres avoir visiter en concorde le Deutsches Historisches Museum, nous nous sommes immice illegalement dans la Alte Nationale Gallerie - la mere d'Ole est une enthousiaste devoreuse d'art, et rien ne peux l'arreter, pas meme les heures de fermeture et surtout pas les gardes innattentifs - pour pouvoir observer le buste ancien de Nefertiti. Sous la pluie, il y avait avantage a se trouver a l'interieur et apprendre quelquechose sur le monde lointain au lieu de se geler les pied. Aujourd'hui, on dirait octobre.


Demain, il y a le moment ou je passe a une autre ville.

J'espere que vous vous portez bien.

Je pense a vous, gros bisous!

Friday, July 20, 2007

Deutschland (prise 8)

Schöne Grüsse von Hamburg!

Ah, dans mes plans ideaux, j'aurais voulu vous parler de Paris, Brugges, Ostende, Tournai, Luxembourg City, Strasbourg, Heidelberg et Aachen, mais je dois sauter une grande riviere d'experiences pour vous reprendre sur une autre rive, dans le present, quelque part en Allemagne - encore.

J'ai entamme lundi mon "voyage" en Deuschlandie pour les quelques 3 semaines a venir. Plus qu'un voyage ou je vais voir beaucoup de chose, il s'agit d'abord de suivre une route qui s'est presentee a moi de facon insoupconnee au cours des derniers mois. Et les evenements d'une vie etant ce qu'ils sont, je suis desormais a parcourir le sol de Hambourg comem une grande; les plans originaux etaient que Dominik et moi partions en voiture, puis sac a dos en train vers le nord-est du Pays , mais sentant plutot l'appel personnel de la decouverte en solitaire, nous avons pris des routes differentes. (Je m'etais pour pour nos vacances munie d'une passe de train pour 9 jours, alors ayant decide de dedier cet ete a mon moi, c'est la passe de train qui decida de ce qui devait etre mon terrain de jeu). Pays propice aux emotions fortes si elles en sont, je me sens reprendre vie en Allemagne, a simplement ecouter mon intuition. C'est un art que je me dois de continuer a travailler, mais qui enrichie plus que beaucoup.

J'ai le privilege de de decouvrir Hambourg, deuxieme port d'Europe, en compagnie de Tina, une charmante Couchsurfeuse qui me laisse squatter sa salle-a-manger-salon pendant quelques jours. Apres une grande journee de changements emotionels, j'ai su trouver avec elle une oreille et une bonne source de divertissement: on papotte entre filles sur la musique et les fringues, ca fait du bien! Se switcher le Canal Intensite a off un peu pour se laisser flotter sur la ouate du monde connu. Cela me permet en effet d'amplifier la douceur tranquille des marches en solitaire et de rafraichir mon oeil. Je n'ai jamais autant pris de photos de ma vie: non seulement je fixe le paysage, mais je sens egalement le desir d'aller chercher des moments humains dans la rue et de les porter comme messages, comme temoignages tranquilles d'un tres grand monde rempli de richesses vivantes. J'ai hate de vous montrer.

La ville impressionne par la grandeur de son ciel (tres plat, le nord de l'Allemagne, et bien qu'on ne soit pas sur le bord de la mer, l'impression d'espace infini est bien present), la beaute de son port de plaisance parseme de voiliers aux ailes blanches, la majeste de ses vieux entrepos centenaires, ses massives grues squelettiques et ses turquoises clochers de cuivre. Les gens du coin me font le plaisir de parler un allemand tres standard (le haut allemand qu'on peut entendre dans les medias nationaux, en fait) et de me laisser parler mon allemand maladroit. Jusqu'a maintenant, je n'ai pas utilise l'anglais du tout pour me faire comprendre: les Hamburgers sont aussi patients. Ah oui, evidemment tout ici est hamburgeois... on en sourit espieglement durant les premieres heures bien sur, puis on s'habitue...

Gros becs hambourgeois a vous en vous souhaitant une belle journee d'ete tout en bonheur.

Tuesday, June 26, 2007

Changement de mode

Mes silences se font long, mes mots bien es pa cés, je sais. Mais comme vous pouvez très bien le deviner, l'été me sert de période de découverte et je n'ai eu à vrai dire aucun répis depuis les dernières semaines... Très vite; la période des examens emporta les étudiants dans un tourbillon tout à fait inhumain de matère à ingérer (et pas nécessairement digérée...) ou à organiser sur des pages et des pages de travaux. à partir de la mi-mai, la bibliothèque de l'unif était complètement "saturée" et chaque jour, c'était la course au siège, au coin de table, à la prise électrique, aux dictionnaires, au silence relatif des grands espaces communs scellés sous vide rempli de stress.

Après un premier examen foutrement hardu suivi de panique extrème de peur d'échouer tous mes autres cours, je me suis raisonnée. J'avais 6 examens en 4 jours; normalement, les étudiants belges protestent lorqu'ils ont moins de 2 jours entre leurs évaluations... alors bien sûr que la Québécoise a seulement accepté son horaire oui-oui-merci. Par miracle, la redécouverte du célèbre lâcher-prise qui guidait mon raisonnement il y a de ça quelques années est revenu me bercer et la panique s'est évaporée (ou simplement jetée sur les autres fous). C'est en faisant simplement du mieux que je pouvais, trop tard pour réviser ma "méthode d'apprentissage" ou essayer de changer mon type de mémoire, que j'ai passé à travers la dernière semaine. Des cours absolument passionnants pour la plupart (rapellez-moi de ne plus prendre d'espagnol à l'avenir: je déteste officiellement ça!) et le sentiment d'avoir appris plus que jamais auparavant et avec grand plaisir à part de ça(sauf erreur ci-haut); alors au yiable les résultats! Les profs de l'ULB sont trop savants - comparativement à McGill, ou les évaluations sont plus complètes, ici on peut très bien te sortir juste un mini-sujet couvert 3 heures dans un cours de 36 heures: questions orales à réponse spontanée, en interview intime avec les professeurs. Je vous laisse imaginer... Très exotique pour l'étudiante de croisère que j'ai toujours étée: il y a quand même une limite à apprendre naturellement!

En bref, j'ai réussi 5 de mes 8 cours (dont un cours d'Anthropologie de l'Europe, ou j'ai réussi à avoir un exceptionnel 17/20! Et mon amusant cours de Socio-anthropologie du quotidien, donné par un prof en fait à la retraite qui n’en a absolument rien à foutre d’évaluer fidèlement ses étudiants. Après 15 minutes de discussion à propos du Québec et de Montréal, il me pose 2 questions basiques auxquelles je réponds maladroitement puis me dis « C’était bien agréable discuter avec vous. Je vous donne 15/20 et n’en parlons plus ». Chacun sa folie!). Des crédits ont pris la route du néant avec mes échecs (je peux vous dire qu'après 6 mois d'école, je ne veux plus entendre parler de matière "à examen". J'apprends pour moi, pas pour les reprises d'examens! Surtout pas l'été) Pour ce qui est de mes équivalences, ce sera un combat joué à Montréal: faisant partie d'un système de crédits européens totalement différent de celui de McGill, je dois prouver le poids de mes cours non seulement avec leur descriptif (que je devrai obtenir personnellement des profs en août, parce qu'ils ne sont en fait pas tenus de distribuer des syllabus en début de cours! le bordel...) mais aussi avec tout le matériel que nos avons couvert : ça fait des bagages bien pesant à ramener au QC! Un autre combat qui aura lieu en septembre alors qu'on essayera de trouver à peu près à quel puzzle montréalais correspond mon semestre bruxellois... Espérons que j'aurai des surprises positives; pas du genre à me faire reprendre tous mes cours; brrrrlllll...


Un mois plus tard maintenant, je suis en mode vacances. Je vous parle de ma/mes visite/s très très bientôt (vive les périodes de mise à jour!) : un thème à la fois, si possible.

Groooos bisous de Bruxelles qui a retrouvé son air d’été après un mois de rechute en hiver.


* marianne *

Monday, June 18, 2007

La jeunesse Belge

S’embrasse,

Faisant de chaque jour des retrouvailles heureuses, ou l’autre est bienvenu dans nos bras, sur notre joue gauche. Il faut voir les garçons en général, peu importe leur âge, se recevoir en tout amitié et permettre à leur lèvre de briser l’intimité faciale normalement réservée à la famille, aux amis proches et aux amoureux!!! C’est beau à voir, tellement beau! N’allez pas croire un malaise, une ambiguïté, au contraire. Culturellement, le Belge, qu’il soit Wallon ou Flamand, signale sa reconnaissance de l’autre dans son espace et son temps par le partage de cette légère affection. Bien sûr, il est facile de prendre le mouvement à la légère, et après une vie à avoir embrassé tous les hommes, l’initiative peut perdre de sa profondeur; mais je persiste à croire dans mon analyse que ce rapprochement physique permet de modifier l’énergie d’installer une certaine fluidité, une attention qui impose d’elle-même sa nécessité. Le geste entamé par le haut du corps de l’homme ou de la femme manifeste, à ce moment précis l’attirance fondamentale que chacun enfouit, de toute époque de toute façon, dans son instinct d’être sensible. Voir la jeunesse belge, surtout masculine, se témoigner ces quelques attentions sur le campus à chaque tournant, dans un flot régulier, me donne espoir, me fait sourire du moins. Si bref, ce baiser, mais il pousse mon admiration dans un tourbillon de minutes de paisibles pensées et d’écriture; pourtant une simple minuscule fraction de seconde.

Est svelte.

Le Club Minceur© serait bien pauvre ici, car tous les jeunes semblent minces à vie. Comme de grands ados, les garçons laissent traîner leurs grands bras et pieds avec les franges devant leurs yeux. Serait-ce les sandwichs qui dansent dans toute les mains du campus sur l’heure du midi qui les garde si fringants, ou plutôt le pas rythmé sur lequel ils l’ingèrent, à la hâte entre deux retards académiques.


A les joues roses;

de santé, de bonheur, de je ne sais quoi. C’est l’hiver ici, mais pas glacial, pas frigorifiant pour l’épiderme comme il l’est à la maison par grand vent d’engelures du nord, véritable danger de congélation. Je suis surprise de voir tant de pommettes à la teinte bien distinctes des mains. Il semblerait que toute la friture que l’on retrouve sur les doigts et mini fourchettes de 1,50€ n’affectent que très peu la perfection des fronts et mentons. Les jeunes filles ici m’épatent par leurs teints translucides, brillants, pures et propres. Vous devriez voir la sobriété de leurs maquillage, s’il existe seulement! Ou peut-être est-il trop bien réussi… à faire rougir (bouffir plutôt) les Nord-américaines make-upées à outrance qui baladent sur toutes les avenues. Elles ont l’air taquines, ces demoiselles, quand leurs yeux bien reposés brillent vers les mecs qui se font la bise.

Est-ce que je me belgicise? J'espère que si...

;)

Saturday, June 16, 2007

Le Belge dit

On s’étiiiiiiiire

Étire les -ements. Démonstration écrite : on ne dit pas « enseign’ment » mais bien « enseignEment »; on ne dit pas avertiss’ment, mais plutôt « avertissEment » Oui oui, c’est forçant pour nous Québécois. On dirait qu’on le dit mal. Mais non, les Belges réussissent très bien depuis des millénaires!!! Bon je sais, j’exagère.

Se faire avoir au mot

- Le Belge braille quand il chiale et chiale quand il braille. (Mais paraît-il que les Français font pareils. Maudit brailleur. Eh, chialeux, pardon!) Il faut donc faire attention de ne pas exagérer. Reste à trouver lequel est le moins pire des deux!

- Un jour, j’avais une envie folle de manger une bonne grosse salade. Alors je m’en vais gaiement au Delhaize me cueillir une bonne grosse salade (bon, je sais, chez nous on dit salade avant et salade après. Et après-après, ça s’appelle de la merde, ça c’est universel!). J’étais là devant un sublime étalage de verdure frigorifiée romaine, rouge et frisées, et tout ce que je réussissais à bien voir, c’était les prix : « quoi, 2,50 pour un motton de feuilles?!?! »

Je me mets alors à chercher pour la laitue offrant le meilleur rapport qualité prix. « Pas le paquet de trois pommes romaines, pas la rouge, pas la petite frisée… ah, wow celle-là est gigantesque! » Mais comme de fait, je ne peux pas vérifier le coût, car les étiquettes sont mal syncronisées. Au lieu de l’étiquette « salade économique génétiquement modifiée» auquelle je m’attendais, je trouvai plutôt l’écrit « endive » . « Monsieur, savez-vous m’indiquer le prix exact de ce massif amas d’eau en feuilles verte, s’il vous plaît? » « Ben c’est écrit : 1,49 » « Je sais, j’ai lu, mais regardez bien, il y a une erreur : c’est écrit « endive ».

Et c’est à ce moment-là que ma vie a basculé. Ma perception de l’univers comme je me l’avais forgé depuis les derniers 22 ans, fut secouée, frappeé en plein visage.

« Mais non, c’est pas ça, une endive. Comment vous appelez ça (pointant les endives joliment emballées en groupes de 3 copines), d’abord? »

« Ben ça, c’est des chicons. »

« Mais… »

Je n’ai plus su quoi dire pour un moment. Puis des données se sont réorientées dans ma tête et mon cerveau a continué sa route en compagnie de sa nouvelle réalité : « Ça c’est un chicon. Oh, c’est beau un chicon. Je n’ai jamais mangé de chicon… je me demande ce que ça goûte, un chicon… la semaine prochaine, je vais acheter des chicons »

Et depuis ce jour, endives et chicons font partie de ma vie. J’aime cuisiner les chicons maintenant, surtout avec de la crème fraîche et des lardons, servis sur des pâtes aux oeufs. Pour ce qui est des endives, il paraît qu’il faut les faire cuire… Moi j’ai beaucoup aimé, servi en salade. Et c’est le meilleur rapport qualité prix!


Essuyer

Pour une raison que je m’explique difficilement encore, les Belges sont dotés d’un très grand vocabulaire, mais pour une certaine gamme d’outils quotidiennement utilisés, universels, ils ont tout simplifié pour un même mot passe-partout: l’essuie.

C’est ainsi que la serviette de plage devient une « grand essuie »; le linge à vaisselle, un « essuie »; la guenille, un « essuie ». Simple, non?

Wednesday, June 13, 2007

Petit matin

Incroyable!!!

Je viens de terminer mon travail de géo, les yeux collés mais exhorbités, cernés; la vue floue, complètement hallucinée.

Il est 4h16 du matin.

Et le soleil commence à se lever! Déjà? Ahhh, c'est ça qui expliquait les oiseaux chantant derrière les rideaux...

C'est une drôle d'image par ma fenêtre: comme un coucher de soleil qui se serait perdu quelque par à l'est: ayant trop tourné et soudainement stoppé au mauvais endroit (ou encore une erreur d'éclaragiste-stagiaire). Il me semble que la dernière fois que j'ai regardé dehors (captivant, mon siège devant l'ordinateur, vraiment) c'était pour le voir partir. JE ne suis pas encore tout à fait homesick; LUI, oui!

Et maintenant, on dirait que ce sera une belle journée.

Sunday, June 10, 2007

Mon voisin joue du piano

Juste en face de chez moi, du dos d'un superbe immeuble de l'Avenue Louis-Bertrand, provient souvent des exercices de musique.

Dans les faits, je n'ai aucune idée si mon voisin musicien est un homme ou une femme; je suspecte qu'il soit un homme hyperactif aux mains légères, courant sur les touches du piano, du saxophone et de la claritette les yeux à demi-fermés et le visage griçant joyeusement de spasmes rhythmés. Il porte probablement des lunettes, un peu rondes, à la monture étroite.

S'il me distraît de choses importantes - ah, aujourd'hui je dois étudier, étudier, étudier - souvent il me souffle un sourire dans l'air.

Parfois j'ai envie d'aller chanter un peu avec lui; parfois, j'ai envie de l'appeler sur mon balcon pour voir de quelle fenêtre exactement ces mélodies proviennent - j'ai un doute, mais je ne suis pas certaine; parfois je voudrais aller sonner à toutes les portes de l'immeuble pour pouvoir aller m'asseoir sur le plancher en avant du divan comme une gamine, dans la salle de séjour de cet appartement que je devinne magnifique; parfois j'aimerais aller photographier ce musicien bien mystérieux...

Ici dans cette chambre, le temps est bien seul. Il me faut de la visite! Des amis, ou des sons.

C'est un beau dimanche, quand même.


* m *


ps: bonnes élections législatives, les Belges!

Saturday, June 09, 2007

Aller-retour

Aujourd'hui, j'ai acheté mon billet de retour.

Je me demande pourquoi j'ai fait ça...

Et si je le perdais?



Tuesday, June 05, 2007

Les Erasmus repartent

C’est déjà la fin du semestre (quoi?!? Après 5 mois ça aurait pu encore continuer, on aime ça) et les Erasmus vivent dans leurs valise pour encore quelques semaines seulement. Cela après quoi ils prendront leurs vols Ryanair pour l’aéroport régional sous un nom national respectif. Les plus chanceux vont vider leur petite chambre à la fin de leur bail d’une demie année; les moins chanceux eux vont devoir trouver quelqu’un pour sous-louer, typiquement jusqu’à la fin du mois d’août.

Tout à coup, on est pris de panique : nous qui croyons avoir tout notre temps, voilà que c’est presque fini et si on désire ajouter un chapitre à cette histoire d’étrangers qui se rencontre au bout du monde sur un des plus petits bouts de terre d’Europe, il faut le faire maintenant. Cette semaine. Ce soir.

« Mais il faut que j’étudie pour les examens! Je ne peux pas me permettre; je suis pas encore prête! » Mais franchement, est-ce qu’on veux vraiment s’entendre râler pour pareille donnée accessoire? : Dans 10 ans, 20 ans, ce qu’on va retenir de cet échange n’est pas la note d’un examen de littérature ou de géographie donné par un prof complètement zélé. À la rigueur peut-être, on se rappellera un peu amèrement d’un échec qu’on aurait désiré être une réussite pour ne pas avoir à rattraper le temps « perdu » de retour à Montréal. Mais merde… on ne pourra pas dire qu’on n’aura pas essayé. C’est difficile de mettre un frein à cette découverte du monde quand elle est entamée. C’est à la fois une rencontre avec la rationalité du monde - les réalité de ses excès et ses – et une déconnection totale d’avec celle-ci dans l’expérimentation de ses excès.

Mais magiquement, les dernières semaines (ce fameux « blocus » qui coure sur toutes les lèvres) remettent les pendules à l’heure : les Erasmus apparaissent soudainement avec de nouveaux vêtements d’été et un air plus reposé – bizarre. Au menu, plus trop de soirées mais plutôt du rattrapage. Chacun à sa technique; c’est multi-culturel.

Pour ma part, ne vous imaginez pas que j’ai mené une vie d’Erasmus si typique : oui les premières semaines furent quelque peu violentes et j’ai beaucoup découvert sur mes capacités physique (et pas à travers les sports!). Mais après un mois, je tirais déjà ma révérence (voir Vomir), un peu tannée que j’étais de devoir justifier ma calmitude auprès d’une foule conditionnée à arriver 100 m plus loin (merde, ces méditerranéens…)

Plutôt, mon échange aura voulu dire, changer d’univers à chaque deux semaines, valsant entre chaos bruxellois et netteté allemande. Au final, je ne peux pas dire que je regrette mes décisions, mais si c’était à recommencer, je choisirais certainement une chambre dans un véritable appartement : avec la porte qui claque et des bouteilles de bières qui traînent pendant des semaines avant que quelqu’un se motive enfin à aller les porter à la bulle. Le calme froid de ma chambre (ce n’était pas seulement dû à ma fenêtre plein nord et malheureusement, la peinture jaune ne réussissait pas à simuler la joie du soleil). Je compte les dodos avant de retourner dans ma « maison belge » avec ma belle Élisa et sa belle Laurine. En fait, j’aurai une nouvelle maison parce qu’on déménage fin juin! Oui oui!!! Pas trop loin, c’est encore dans le quartier : juste plus loin sur Chazal! Alors c’est dans ce nouvel appartement que je bouclerai la boucle dans quelques semaines.


Mais quand même, il me reste presque trois mois dans cette aventure. Il me reste encore des Audrey à accueillir, des musées à visiter, des villes à découvrir, des trains à manquer, des accents à imiter, une langue à approfondir, et beaucoup de livres ouverts à fermer. Ce sera l’été du social, de l’humain. Avec à chaque matin quelqu’un avec qui commencer la journée. Du nouveau dans du vieux, sur un très vieux continent que j’aurai décidément encore plus de difficulté à quitter.

Tuesday, May 29, 2007

Colonia Claudia Ara Agrippinensium

(Köln ou Cologne pour les intimes)

Elle n’est pas chaotique. Elle est propre. Elle est verte. Elle est bleue. Elle est neuve.

Cologne est re-née de ses cendres, sauvagement happée par la seconde Guerre Mondiale. Il faut voir des images datant de 1945 pour comprendre l’ampleur de la destruction de la ville… La seule chose qui restait toujours debout, dramatiquement fière, est la superbe cathédrale gothique, le Dom, comme on l’appelle ici. Au moins, les Alliés on cru bon d’épargner ce chef-d’œuvre architectural, ce patrimoine religieux irremplaçable. Un peu moins irremplaçables étaient les quelques 7000 victimes écrasées au cours de quatre bombardements différents (dont 4377 lors de l’attaque intensive du 28 juin 1943!!!).

Cette destruction, on ne la ressent plus trop : la reconstruction s’est faite de façon plus ou moins fidèle aux plans d’autrefois, et le touriste ne perçoit plutôt, par exemple, que l’incroyable conservation de la vieille ville… Remodelée, la vieille, revampée remise sur des pieds qu’on lui avait même amputés. Mais les couleurs y sont un peu trop vives, trop harmonisées pour qu’on y croit vraiment après 2 coups d’oeils.

Les témoins de cette guerre reste toujours les églises, victimes survivantes qui témoignent des tremblements intenses du ciel et de la terre en temps de folie. Plusieurs clochers appartiennent maintenant à la mémoire.

Le cœur de Cologne, son souffle et sa vie, c’est le Rhin. La majestueuse rivière coule du sud au nord, emportant avec elle des centaines de barges qui font la navette entre vendeurs et acheteurs de produits de toutes sortes le long de ses rives, pour ensuite filer dans les maisons en passant par les terres. Le jour, ce trafic fascine les enfants, en soirée, il ajoute au romantisme de la rive, pour le grand plaisir des amoureux, ou la mélancolie de l’oublié.

L’eau de Cologne passe avant tout sous les ponts; les passages qui chevauchent la rivière aujourd’hui sont tous neufs. Aucun des 6 ponts n’ayant survécu à la guerre, tordus comme des trombones; la vision actuelle de la rivière n’est que le fruit d’efforts relativement récents de reconnecter l’est et l’ouest de la ville (un concept très fort en Allemagne…). Le soir, la cathédrale s’illumine, dramatique : la vieille ville l’imite, alors que le …brücke éclaire de sa trace le flot coulant entre les rives. Le passage des trains et trams fait vibrer les pieds des piétons qui prennent leur temps et les fesses de cyclistes plus pressés. La vie près du Rhin inspire la contemplation, surtout quand le soleil se couche derrière les silhouettes des tours médiévales, fatigué d’avoir donné le jour à l’Europe, en route vers l’Amériiique!

Il paraît que Cologne est le foyer d’autant de personnes que Bruxelles. Mais jamais au grand jamais vous avez cette impression de presque catastrophe ambiante qui accompagne normalement le quotidien bruxellois. Je suis tentée d’emblée d’accuser positivement la grande structure et l’ordre typiquement allemand de tous les clichés. Mais c’est vrai! Dans la rue, je n’ai encore jamais entendu de klaxons impatients ou de crissement de pneus de voiture trop fière. Les piétons attendent le feu vert, et on ne nous dépasse pas dans la file au dépanneur, mais si on est un ivrogne (bien en fait, il n’y a jamais de file ou presque, simplement parce que les effectifs de travail semblent adéquats).

Passer du temps à Cologne, c’est se reconnecter avec une structure efficace, ou les problèmes sont associés à une solution immédiate parce qu'on connaît ses forces et faiblesses. Oh comme j'aimerais en dire autant en m'évitant les grands tourments... (Cologne, une inspiration, vraiment?)

Mais j'apprécie surtout autant Cologne parce qu'elle est aussi la maison d'adoption de Dominik, et par ricochet, la mienne maintenant. Ça fait bien une deuxième maison européenne, ça?

Wednesday, May 09, 2007

Le savoir, c'est le pouvoir!

Et bien je ne croyais jamais si bien dire! Car si les Belges sont affectés du syndrome de « je ne peux rien faire », ce n’est pas à cause de leur impuissance ou de leur manque de capacité ou de confiance en eux.

Plutôt, ils ne savent pas. Ce n’est pas qu’ils ne savent pas comment faire, ils ne sont pas cons, ils savent faire des tas de choses plus complexes les unes que les autres. Là n’est pas là question! C’est juste que parfois, ils ne peuvent pas, mais ils ne savent pas comment le dire. Bien ils les connaissent, leurs capacités et limites, mais ne sont pas capable d’utiliser le bon mot pour les exprimer. Alors quand ils peuvent, ils savent.

C’est ainsi que « Peux-tu me donner le beurre? » est reconnu à la table belge comme étant « Sais-tu me donner le beurre? ». Oui, étirer le bras; oui fermer la main sur le beurrier; oui lever le bras avec grâce, oui faire planer l’objet au-delà des plus hauts sommets de la table jusqu’à son quémandeur; oui souriant. « Oui, je sais tout ça, c’est même un des gestes les plus acquis qui soient!!! Et toi, t’as appris à donner le beurre à quel âge? » « Non mais, tu sais me le donner, dis?! »

Ahhh…

Les Belges se trompent, mais ils le savent très bien! C’est seulement qu’ils ne savent pas faire autrement.


(une vieille histoire qui me trottait dans la tête dès la première semaine. Je ne savais plus la garder pour moi...
merci pour l'inspiration, les filles!)

Sunday, May 06, 2007

Normales saisonnières

La Belgique est revenue à elle:
il pleut il mouille c'est la fête a la grenouille!!!



(Aucune goutte de pluie n'avait été vue depuis le 31 mars...)

Tuesday, May 01, 2007

Laurine


Laurine a un sourire en amandine et un nez de coccinelle.
Ses couettes virevoltent avec ses farandoles, tête en bas tête en haut.
Laurine bouffonne quand sa frimousse se trémousse sur des chansons à souvenirs de rire.
Laurine adore les histoires sur l’oreiller d’ou s’envole son petit dentier troué.
Laurine câline mots et merveilles, sur nuages ou sur terre.
Laurine, un trésor de girouette, qui brille et brille, et brille…

Tuesday, April 24, 2007

Ma bécane

Je l'ai trouvée au marché à vélos, quelque part au milieu d'une avenue de l'est de la Gare du Midi. Elle était la moins pire du lot, puis je me suis mise à l'aimer. À la comparer un peu plus, j'ai eu l'envie de l'adopter. Je l'ai trouvée un peu trop chère, mais j'ai quand même décidé que pour tout l'été, elle allait si bien m'accompagner...


Le premier jour je ne voulais pas la perdre. Alors j'ai trouve à l'attacher à poteaux et à ponts.

Avec ma bécane déjà, ma vision de Bruxelles rosit, ma perception se transforme et tout à coup, je réunis les morceaux du gigantesque puzzle. Je me sens renaître à chaque coup de pédale qui me fait monter et descendre les courbes de ces anciennes prairies vallonnées. Grâce à ma bécane, ma perception labyrinthique s'améliore, et je sais maintenant que lorsque je quitterai cette ville, j'aurai l'impression d'enfin la connaître.

Ma bécane craque de derrière parfois, et elle saute de la une à la trois sans m'avertir lorsque j'accélère le pas. Mais je le sais maintenant! Le pneu arrière de ma bécane me sourit lorsque je me penche pour le tâter, en magnifique clin d'oeil Made in Yougoslavie: des souvenirs qui reviennent me saluer, et me portent un peu plus loin.

Et sa sonnette... si vous pouviez entendre sa sonnette, vous comprendriez mon enthousiasme à la faire chanter à chaque intersection, presque sans raison, pour annoncer que je suis là, que je roule, joyeusement, et que je ne veux pas qu'une carrosserie filante vienne me fracasser les jambes en plein sourire!

Ma bécane est rouge; non, ma béance est "Bordeaux"; c'est une bécane de fille; c'est une bécane de ville. Ma bécane a un dynamo, et elle me dyname, oh!

Et elle a des ailes.

Thursday, April 19, 2007

Merde, merde de merde

Ah, merde de merde de saloperie de merde! J'aurais du écouter mes trippes un peu plus aujourd'hui; la crainte, toute la journée, de me faire coincer sans payer, surtout liée au fait que je ne VOULAIS PAS payer...

Tout a commence ce matin, alors que je devais me rendre à Leuven, à quelques 20km de Bruxelles, pour aller y collecter mes semelles orthopédiques, qui avaient subi une modification le mois dernier. J'étais si furieuse de devoir me déplacer car théoriquement, j'attendais l'appel de l'orthopédiste avec qui je fais affaire à Bruxelles afin qu'il me confirme qu'elles étaient prêtes et que je pouvais repasser les chercher a l'hôpital français, tout juste au nord-ouest de la ville.

Et bien, surprise! La semaine dernière, le mec s'est poussé dans la brume et n'a jamais redonné de ses nouvelles. Résultat: je devais payer 9€ (15$CAN) pour le train à cause de lui. Ajouté au fait que je devais déjà débourser 25€ pour la réparation des dites semelles. Mon lever à 6h30 après quelques trop courtes quatre heures de sommeil ne me permettait pas beaucoup de tolérance. J'avais, pour une des rares fois dans ma vie, un peu de rage au coeur de tout ça : j’étais prête à balancer une belle merde à la secrétaire, aussi impuissante soit-elle dans tout ça. Et bien sûr, je refusais catégoriquement de débourser quoi que ce soit pour me déplacer de la gare aux bureau, qui s'est finalement avéré être une marche de 45 minutes, à marcher avec mes bagages pour le weekend, et j'avais mal, mal, mal au pied. Et mal a l'orgueil.

Je me suis calmée lorsque enfin j'ai fini par trouver l'endroit, au fin fond du parc d'industrie et de recherche d'Heverlee, en "banlieue" de Leuven, qui en soit est déjà en périphérie de Bruxelles... Je me suis calmée aussi lorsqu'on m'a dit que, selon la facture de l'orthopédiste, je n'avais rien à débourser pour ce genre de service de modification. Mais voyons, c'est tellement illogique, parce que ces semelles ne venaient pas d'eux! Ils chargent à qui, eux, après ça? Ils chargent à quoi? C'est peut-être une des raisons qui pourraient expliquer pourquoi le mec n'a plus son emploi chez Ortec...

Bref, donc 25€ que je n'avais pas à débourser; alors les 9€ pour le transport ne me paraissaient tout à coup plus trop mal. Surtout du fait que j'allais peut-être me sauver de la charge de retour (car ici en Belgique, il existe une option vraiment économique pour l'utilisation du train par les moins de 26 ans: la GoPass, qui est une carte pour 10 trajets entre n'importe quelles deux gares au pays, que ce soit pour 50km ou 250 km. Sur le bout de papier, à chaque fois on inscrit, avant le départ, la date et les gares du jour. Le contrôleur nous poinçonne dans le train. Alors pour les malins, pour les trajets très cours, il est possible d'attendre à la dernière minute avant que le contrôleur arrive dans le wagon, et espérer qu'il ne s'y rende jamais avant notre arrivée à destination, et donc conserver un voyage de plus sur sa carte!).

J'ai quand même remarché jusqu'à la gare, prenant au passage quelques cliches illégaux des installations militaires de Heverlee (ah, c'est ça qui met la ville sur la map: un centre d'entraînement!). Mais finalement, j'ai décidé d'être honnête et d'entrer les détails de mon retour sur ma GoPass. Honnête moi :) J'ai quand même fraudé la STIB (transports en commun de Bruxelles) pour retourner en ville (en fait, je me suis déplacée sans payer pour tout le mois...) Mais puisque je n'avais jamais vu un contrôle depuis que je suis revenue en Europe: car ici, souvent, au lieu d'être équipées de tourniquets, les stations de métro ou les tram sont plutôt équipés de machines oblitératrices. Il faut acheter préalablement un ticket, et le "puncher" dans la machine à l'embarquement. Et sporadiquement, des agents circulent sur les circuits et vérifient que tout le monde est muni de titres de transport valides. Sinon, il faut payer une amende. C'est ainsi que, supposément, ils entrent dans leur argent.

Alors, je me rends à la gare pour prendre le train pour Cologne, en avance, pour une des premières fois de ma vie... 40 minutes, mon record! Je lis, je jase avec les passagers qui attendent aussi sur le quai. Et je suis fatiguée. Et j'ai mal à la tête. Mais c'est un détail, car mon coeur palpite à l'idée que je m'en vais faire une surprise à mon amoureux pour son anniversaire...

La balade fut splendide (soleil radieux, et de plus en plus de verdure dans les prés) et parut bien brève: j'ai dormi un peu, croulante de la fatigue résultant des émotions passées, et celles à venir. À Cologne, je débarque à la gare principale. Puis je recommence avec mes aventures illicites: n'ayant qu'une station à franchir (que le Rhin à traverser, vraiment) mais mes pieds n'en pouvant plus, je saute sans billet dans le premier train à se rendre dans l'est. Avant l'embarquement, comme une vraie parano, je localise les contrôleurs et essaie de m'en éloigner le plus possible. Mais qu'est-ce que cette paranoïa extrême? Jamais, en 3 minutes, pourraient-ils se rendre à moi. Mais je me sentais coupable. Les "Monter sans payer, c'est frauder. Frauder, c'est voler" et " Bitte nur mit beitsfähig Fahrkarte" avaient frayé leur chemin jusqu'à mon honnêteté et s'amusaient à la gruger de leurs petites dent pointues. Mais encore rien, ouf!

Ah, enfin du bon côté du Rhin, le côté de Dominik, que j'allais dans les minutes suivantes, surprendre par ma localisation inattendue dans son espace. Recevant ses meilleurs amis à souper, j'étais certaine qu'il avait une petite place pour moi. Le bus 153 me mène au coin de la rue de Dominik: c'est le même qu'on a pris la première fois, c'est le même qu'on prend à CHAQUE fois; une anonyme ligne de banlieue. Dominik n'a jamais payé de transport en commun depuis qu'il est arrivé à Cologne. C'était il y a 3 ans.

Je redécouvre les rues de la ville, les maisons plus colorées les unes que les autres, les Bäkerei, Night Shop et autres Metzgerei sur le chemin que je commence à bien connaître maintenant. On laisse monter de jeune ados beaucoup trop sexy et de vieilles dames beaucoup trop vieilles pour les bus. Les hommes ne sont guère mieux: de jeunes ouest-Allemands à coupes Longueuil modernes et à chaussures trop pales, de vieux gros ouest-Allemands à full-suit de jeans et à l'air bête, bottant les détritus qui jonchent le sol du bus avec un air de brute. Puis un d'eux jette un coup d'oeil à son ami au-devant du bus, ami qui étrangement, ressemble à la version blanche du Lionel Richie des 80's. Et puis VLAN: il sortent momentanément de leur veste de gigantesque calculatrices, ces infâmes machines à charger les méchants passagers clandestins.

Merde. Je suis baisée. Totalement.

"Karten, bitte". Bon là, j'ai le choix: soit je fais la conne qui ne parle pas allemand et qui ne comprend rien de ce qui se passe (ça c'est se rabaisser vraiment beaucoup quand on pense à ma forte volonté d'intégrer la société européenne), soit j'avoue d'emblée mon tord et paie mon due à cette compagnie de transport allemande bien trop moderne. En fait, ma première réaction a été d'être inspirée par la première idée, pour un instant avoir l'impression que je pouvais m'en sortir. Ce qui finalement sortit de ma bouche, de ma conscience à ce moment fut un hybride des deux: justifiant mon mauvais allemand par le fait que je ne viens pas d'ici, et prouvant ma compréhension et mon certain sens des responsabilités en acceptant les coups au ventre.

Le contrôleur me demande alors mon passeport et là, je panique. Je ne veux pas qu'il fouille trop loin, qu'il découvre qu'en plus, je suis illégale ici (mais je capote ben trop, parce que quand même, ce n'est pas un policier!). Finalement non: qu'un "Where do you live" presque sympathique auquel je réponds que je suis à Bruxelles en ce moment. Ce qui évite qu'il prenne mes coordonnées pour me retracer et me charger deux fois plus lors de ma prochaine infraction. Le plus beau des fious jamais poussés, suivi du plus honteux des 40€ que j'aie jamais eu à sortir de mon pas-encore-de-porte-feuilles. Je garde le silence, sans toutefois tourner le regard: j'assume quand même ma faute. Je ne peux pas dire que je n'étais pas avertie...

Mais je pensais que... vous savez ce que c'est. La pensée magique, sans pouvoir magique. Les agents (cinq au total!) étaient bien fiers de leur pêche: quatre jeunes filles innocentes. J'étais la plus mature, j'imagine, celle qui n'a pas résisté. Les autres ont fini par aller se défendre sur le trottoir. Moi je suis restée assise, encore cinq arrêts to go, les yeux pleins d'eau. C'est ma paie de la semaine qui venait de s'envoler: 60$ canadiens!!!

Merde, merde... Est-ce que mes efforts doivent toujours tomber vains à la fin? J'étais découragée, et la surprise que Dominik aurait eue à ce moment en aurait été une d'émotions bien mitigées de ma part. Par chance, j'ai dû attendre un peu. Assise a la taverne du coin de la rue à siroter une bonne Kölsch, le temps de le voir arriver et repartir, même. Probablement à la chasse aux légumes. La surprise se faisait désirer, mais plus pour très longtemps. Puis alors plus une once de stress; et de la joie qui ne coûte rien.



P-s: Bonne Fête Marie-Andrée!!!!! Car avant tout ça, au commencement, c'était ta fête à TOI;) Gros bisous!

Sunday, April 08, 2007

Illégale!

Ça y est, depuis aujourd'hui, je suis une clandestine en sol européen! Mon visa temporaire de 4 mois, celui qui doit être estampé par les autorités afin de le transformer en visa étudiant d'une validité d'un an. Et bien croyez-le ou non, la bureaucratie ici est tout à fait disfonctionnelle.

Quelques jours après mon arrivée, je me suis rendue à ma maison communale, un genre d'hôtel de ville de quartier ou il est possible de se faire délivrer une carte d'identité belge et autres paperasses officielles. Et bien je croyais avoir à patienter quelques minutes, quelques heures avant mon tour, bien sûr, mais quelle ne fut pas mon étonnement lorsque le portier pris mes coordonnés et me tendit un papier sur lequel je pouvais lire: "Présentez-vous à nos bureaux le 28 février 2007 entre 8h et 11h". Quoi? Non mais c'est ridicule... un mois et demi avant de me faire enregistrer alors que je comptais faire approuver mes papiers dès mes 2 premières semaines au pays pour éviter les ennuis...

Alors le 28 février, je me représente à la communale à 8h, fais la file quelques minutes, avant de me faire expliquer au comptoir que je devais revenir ultérieurement, avec toute une nouvelle série de documents et copies (et bien sûr €s) supplémentaires pour alors pouvoir m'enregistrer dans leurs patente. Incroyable!

Avec les cours et tout, ce n'est pas facile de trouver temps et courage pour se lever si tôt pour aller faire la file et espérer ne pas y passer toute la journée. Alors c'est finalement à la mi- mars que j'ai pu me rendre à la communale une 3e fois avec ce qu'il manquait. On prend toutes mes feuilles, les examine, et en 3 minutes maximum, tout était fait et on m'annonçait qu'un "officier de police allait se présenter à mon domicile dans les 2 ou 3 semaines suivantes afin de confirmer l'adresse de ma résidence". Mais merde, c'est en plein la période des vacances!!! Et en fait, quand est-ce que je suis à la maison, moi? Quel système pathétique... "Et si je dois me rendre à l'extérieur du pays pour les vacances, qu'est-ce qu'il m'arrive après le 8 avril?" demandais-je aux sympathiques commis. "Soyez prudente ", comme seule réponse.


Ainsi soit-il. Maintenant, j'espère seulement que tout soit réglé pour les vacances. Je suis certaine que les Belges sont capables de miracles lorsqu'ils le veulent. Vraiment. J'espère.