Monday, June 18, 2007

La jeunesse Belge

S’embrasse,

Faisant de chaque jour des retrouvailles heureuses, ou l’autre est bienvenu dans nos bras, sur notre joue gauche. Il faut voir les garçons en général, peu importe leur âge, se recevoir en tout amitié et permettre à leur lèvre de briser l’intimité faciale normalement réservée à la famille, aux amis proches et aux amoureux!!! C’est beau à voir, tellement beau! N’allez pas croire un malaise, une ambiguïté, au contraire. Culturellement, le Belge, qu’il soit Wallon ou Flamand, signale sa reconnaissance de l’autre dans son espace et son temps par le partage de cette légère affection. Bien sûr, il est facile de prendre le mouvement à la légère, et après une vie à avoir embrassé tous les hommes, l’initiative peut perdre de sa profondeur; mais je persiste à croire dans mon analyse que ce rapprochement physique permet de modifier l’énergie d’installer une certaine fluidité, une attention qui impose d’elle-même sa nécessité. Le geste entamé par le haut du corps de l’homme ou de la femme manifeste, à ce moment précis l’attirance fondamentale que chacun enfouit, de toute époque de toute façon, dans son instinct d’être sensible. Voir la jeunesse belge, surtout masculine, se témoigner ces quelques attentions sur le campus à chaque tournant, dans un flot régulier, me donne espoir, me fait sourire du moins. Si bref, ce baiser, mais il pousse mon admiration dans un tourbillon de minutes de paisibles pensées et d’écriture; pourtant une simple minuscule fraction de seconde.

Est svelte.

Le Club Minceur© serait bien pauvre ici, car tous les jeunes semblent minces à vie. Comme de grands ados, les garçons laissent traîner leurs grands bras et pieds avec les franges devant leurs yeux. Serait-ce les sandwichs qui dansent dans toute les mains du campus sur l’heure du midi qui les garde si fringants, ou plutôt le pas rythmé sur lequel ils l’ingèrent, à la hâte entre deux retards académiques.


A les joues roses;

de santé, de bonheur, de je ne sais quoi. C’est l’hiver ici, mais pas glacial, pas frigorifiant pour l’épiderme comme il l’est à la maison par grand vent d’engelures du nord, véritable danger de congélation. Je suis surprise de voir tant de pommettes à la teinte bien distinctes des mains. Il semblerait que toute la friture que l’on retrouve sur les doigts et mini fourchettes de 1,50€ n’affectent que très peu la perfection des fronts et mentons. Les jeunes filles ici m’épatent par leurs teints translucides, brillants, pures et propres. Vous devriez voir la sobriété de leurs maquillage, s’il existe seulement! Ou peut-être est-il trop bien réussi… à faire rougir (bouffir plutôt) les Nord-américaines make-upées à outrance qui baladent sur toutes les avenues. Elles ont l’air taquines, ces demoiselles, quand leurs yeux bien reposés brillent vers les mecs qui se font la bise.

Est-ce que je me belgicise? J'espère que si...

;)

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