Tuesday, June 05, 2007

Les Erasmus repartent

C’est déjà la fin du semestre (quoi?!? Après 5 mois ça aurait pu encore continuer, on aime ça) et les Erasmus vivent dans leurs valise pour encore quelques semaines seulement. Cela après quoi ils prendront leurs vols Ryanair pour l’aéroport régional sous un nom national respectif. Les plus chanceux vont vider leur petite chambre à la fin de leur bail d’une demie année; les moins chanceux eux vont devoir trouver quelqu’un pour sous-louer, typiquement jusqu’à la fin du mois d’août.

Tout à coup, on est pris de panique : nous qui croyons avoir tout notre temps, voilà que c’est presque fini et si on désire ajouter un chapitre à cette histoire d’étrangers qui se rencontre au bout du monde sur un des plus petits bouts de terre d’Europe, il faut le faire maintenant. Cette semaine. Ce soir.

« Mais il faut que j’étudie pour les examens! Je ne peux pas me permettre; je suis pas encore prête! » Mais franchement, est-ce qu’on veux vraiment s’entendre râler pour pareille donnée accessoire? : Dans 10 ans, 20 ans, ce qu’on va retenir de cet échange n’est pas la note d’un examen de littérature ou de géographie donné par un prof complètement zélé. À la rigueur peut-être, on se rappellera un peu amèrement d’un échec qu’on aurait désiré être une réussite pour ne pas avoir à rattraper le temps « perdu » de retour à Montréal. Mais merde… on ne pourra pas dire qu’on n’aura pas essayé. C’est difficile de mettre un frein à cette découverte du monde quand elle est entamée. C’est à la fois une rencontre avec la rationalité du monde - les réalité de ses excès et ses – et une déconnection totale d’avec celle-ci dans l’expérimentation de ses excès.

Mais magiquement, les dernières semaines (ce fameux « blocus » qui coure sur toutes les lèvres) remettent les pendules à l’heure : les Erasmus apparaissent soudainement avec de nouveaux vêtements d’été et un air plus reposé – bizarre. Au menu, plus trop de soirées mais plutôt du rattrapage. Chacun à sa technique; c’est multi-culturel.

Pour ma part, ne vous imaginez pas que j’ai mené une vie d’Erasmus si typique : oui les premières semaines furent quelque peu violentes et j’ai beaucoup découvert sur mes capacités physique (et pas à travers les sports!). Mais après un mois, je tirais déjà ma révérence (voir Vomir), un peu tannée que j’étais de devoir justifier ma calmitude auprès d’une foule conditionnée à arriver 100 m plus loin (merde, ces méditerranéens…)

Plutôt, mon échange aura voulu dire, changer d’univers à chaque deux semaines, valsant entre chaos bruxellois et netteté allemande. Au final, je ne peux pas dire que je regrette mes décisions, mais si c’était à recommencer, je choisirais certainement une chambre dans un véritable appartement : avec la porte qui claque et des bouteilles de bières qui traînent pendant des semaines avant que quelqu’un se motive enfin à aller les porter à la bulle. Le calme froid de ma chambre (ce n’était pas seulement dû à ma fenêtre plein nord et malheureusement, la peinture jaune ne réussissait pas à simuler la joie du soleil). Je compte les dodos avant de retourner dans ma « maison belge » avec ma belle Élisa et sa belle Laurine. En fait, j’aurai une nouvelle maison parce qu’on déménage fin juin! Oui oui!!! Pas trop loin, c’est encore dans le quartier : juste plus loin sur Chazal! Alors c’est dans ce nouvel appartement que je bouclerai la boucle dans quelques semaines.


Mais quand même, il me reste presque trois mois dans cette aventure. Il me reste encore des Audrey à accueillir, des musées à visiter, des villes à découvrir, des trains à manquer, des accents à imiter, une langue à approfondir, et beaucoup de livres ouverts à fermer. Ce sera l’été du social, de l’humain. Avec à chaque matin quelqu’un avec qui commencer la journée. Du nouveau dans du vieux, sur un très vieux continent que j’aurai décidément encore plus de difficulté à quitter.

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