Qui était Érasme? J’adore la fabulation de Xavier, personnage principal du film l’Auberge espagnole, lorsqu’il rêve au grand explorateur espagnol, faisant apparition dans sur le quai de Barcelone, collerette collée au menton roux et des yeux d’un autre siècle.
Socialisent à temps plein, ou sinon le social à temps plein les embarque. La seule paye étant de pouvoir, en moins d’une semaine de connaissance, saluer des dizaines de personnes par jour.
Je ne vous dis même pas le nombre de caisses de bises que j’écoule…
La fête.
Être en échange quelque part implique son lot de moments passés à l’extérieur de la maison et à l’extérieur des classes. L’organisation des activités d’Erasmus devient un véritable club social ou tout un chacun a sans cesse quelque chose à raconter, a partager, à investiguer.
Les rencontres de cultures créent des bouillonnements, un foisonnement des curiosités qu’on veut assouvir. Et ce continent, bien qu’il soit « petit », est tapissé de nuances non négligeables. Tout a été joué ici et le temps n’a pas fini de l’utiliser comme terrain de jeu, cette Europe. Nous somme de petits poissons fascinés par la profondeur de l’océan, par l’arôme des hameçons lancés de l’au-delà et par la tire vers le ciel qui se transforme souvent en pirouette virevoltante monumentale. La vie est longue et courte tout à la fois. Déjà on sent les certaines habitudes, certains schémas se dessiner dans nos relations avec les autres, avec notre nouveau campus.
En tant qu’Erasmus, nous nous devons d’être des plus lucides par rapport aux merveilles que notre nouveau monde recèle : bien que souvent, la lucidité s’évapore avec nos sueurs sur la piste de danse ambiante. La Belgique est une nation qui a développé un art impressionnant de brassage de bière, et c’est le premier aspect que tout Erasmus découvre. Pour ne pas nous faire de cachette de la véritable nature de l’organisation, l’Express (les gardiens/guides belges des étudiants étrangers, souvent eux-mêmes ex-étudiants d’échange. Nostalgique il va sans dire…) nous a fait visiter une brasserie pour briser la glace (ça gèle à combien, la bière au juste?).
On se sent déjà comme de vieux amis, on se demande comment vont les autres, comment vont leurs chiens, leurs libellules. Le bon moral des troupes doit être supervisé, veillé; c’est ça, appartenir à un groupe. En plus, nous avons une étiquette : Erasmus.
Les accents (ni aigus ni circonflexes)
Ces beaux pouvoirs ne sont pas magiques, et les génies sont rares. Règle normale, on peut facilement dénoter les airs de mer, de neige, d'île ou d'argile à travers des mots et expressions souvent empruntés, traduits: le résultat est une nouvelle ville ou des dizaines de ponts nous amènes au centre. On prend celui qu'on trouve le plus facilement: sinon, on demande les directions!
Il faut entendre nos 2 franco-Ontariennes se faire passer pour des Québécoises... Même les Finlandais, Norvégiennes, Français, etc. pourraient l’instant d’une nouvelle rencontre devenir Nouveau-François aux oreilles d’Italiens facilement bernés!
J’ai réalisé à cet égard que nous vivions maintenant dans une bulle absolument coupée du reste de la réalité : j’ai été frappée par les ricanements d’étrangers qui trouvaient vraisemblablement rigolo l’accent de ma copine alors que nous discutions à l’arrêt de tram en fin de soirée. Après des heures de débats et partages dans la même pièce, on ne la sent plus. Le mépris que j’ai senti de l’extérieur à ce miment-là m’a fait sentir triste pour ce bête étranger; un unilingue belge, peut-être?
La richesse n’est pas dans la perfection.

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