Sunday, March 04, 2007

Maastricht la brumeuse

Dans une petite gouttelette du Pays trop Bas se trouve, suspendue, prête à tomber, Maastricht la brumeuse. Magnifique maison de campagne à flan de rivière à torrents printaniers, elle se dépose au beau milieu d’un ciel à perte de vue. Comme il est surprenant de trouver une butte au pourtour quand on croyait du relief avoir été oublié…

Masstricht a été tantôt espagnole et tantôt française, mais les nouvelles frontières l’ont établi comme extension survivante du nord vers le sud, comme un évanouissement de la langue néerlandaise. Il est vrai qu’on se laisserait facilement saisir de la poussée de l’espace infini en fermant les yeux. Car qui dit légalité ici efface quelque peu la droiture de la réalité, trouble les sens. La tranquillité des samedis shopping-coffee-shop est si déroutante; dans les rues, il faut voir ou imaginer ces grands sacs aux mains et petits sacs dans les poches… Les gens, tout l’après-midi font en parallèle la file à au bar à herbe comme ils la feraient au bar à pâtisseries, à la caisse du Lacoste comme à la caisse du Heaven’s Gate. Ces comportements sont tout aussi étranges les uns que les autres et très dur il serait d’essayer d’en mesurer la rationalité.

C’est vrai qu’elle peut-être bien belle cette petite Maastricht lorsque les rafales ne retournent pas tous les parapluies jusqu’aux poubelles. Mais ici, les touristes se promènent très peu avec les objectifs du cou aux yeux et le guide à la main, ne savourent que trop peu le calme d’un parcours bien nanti orné de peinture fraîche et les rebondissements joyeux d’un accent joueur rond en bouche; c'est un marché où on rencontre beaucoup de ces regards étrangers perdus, égarés plutôt quelque part entre les frontières. Des centaines d'entre eux, chaque jour sont à Maastricht pour ne pas y être, sitôt rentrés.

N’ayez pas croire que je n’ai pas profité de la ville, de son souffle de santé qui, paradoxalement roule dans les rues bien joyeusement. J’ai brillé de son long coucher de soleil rosé pour émerger des bas plafonds fumants toute émerveillée, bien éveillée. Mon seul regret, ne pas avoir pris le temps d’apprendre comment dire bonjour et au revoir en Néerlandais.

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